‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 14 sur 230 · I>REM1£RE PARTIE · texte numérisé non relu

I>REM1£RE PARTIE

< ctmeevoir un esprit qui ne pense point, quoiqu^il soit fort € facile d'en concevoir un qui ne sente points qui n^ima^

< gine point (1). On peut voir beaucoup d'autres choses ■ semblables dans le même endroit, qui montrent mani-

< festement, ou qu'il avance cela témérairement et sans « savoir ce quMl dit, ou quMI connaît mieux qu'il ne le

< dit la nature de son âme (2). »

Pour établir cette ignorance de Tàmé, qu'il affecte par principe, et qu'il n'a réellement pas, Malebranche ne peut donner que des raisons singulières. Ârnauld les a réduites à dix principales : j'en rapporterai deux, avec la réfutation dont il les accompagne, a // est nécessaire^ dit Malebranche, de faire de longs raisonnements , pour iempicher de confondre Fume avec le corps. Mais si Von avait une idée claire de fâme, comme Con en a du corps, .certainement on ne serait point obligé de prendre tous ces détours pour la distinguer de /ut, cela se découvrirait dune simple vue, et avec autant de facilité qu^on reconnatt que le carré n'est pas le cercle (3). «

t Cet endroit et beaucoup d'autres semblables, ré- « pond Ârnauld, font voir que cet auteur s^imagine qu'on

< ne connaît point par une idée claire ce qu'on ne déc couvre point par une simple vue, mais qu'on ne saurait

c savoir que par raisonnement On doit appeler idée

f claire la perception de tout ce que nous connaissons « clairement par des raisonnements, quelque longs

(1) tUck. de la Vérité, Ut. 111, ptrt. i, chap. i, art f . (t) Yrakêtt fauÊ$e$ idéa, ch. xxiv.

iJt)Beeh. ée Uk Vérité, éelairei$$emmU Xi.

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qu'ils puissent être, pourvu qu'ils soient démonstratifs, aussi bien que de tout ce que nous connaissons clairement d'une autre manière.

c Et il faut bien quMl en demeure d'accord, puisquMI veut que nous reconnaissions par des idées claires toutes les propriétés de l'étendue. Car niera-t-il quMl y en ait une infinité qui ne s* aperçoivent point d'une simple vue, mais qu^on n'a pu découvrir que par de longs raisonnements ? Est-ce que Pythagore n'a eu qu'à consulter l'idée du rectangle, du triangle et du carré pour découvrir d'une simple vue que le carré de la base devait être égal aux carrés des deux autres cdtés ? Est-ce qu'Archimëde n'a eu qu'à consulter l'idée de la sphère pour découvrir d'une simple vue que rétendue de sa surface devait être quadruple de l'aire de l'un de ses grands cercles ? Toutes les propriétés des sections coniques se découvrent-elles d'une simple vue ? Or, Malebranche s'est déclaré trop hautement le protecteur de Vidée claire de l'étendue, pour ne pas vouloir que tout cela ne se voie par des idées claires. Il a donc deux poids et deux mesures, lorsque, pour avoir plus de moyen de soutenir que nous n'avons pas l'idée claire de notre âme, il s'avise de prétendre qu'on ne voit par une idée claire, que ce que l'on découvre d'une simple vue, sans avoir besoin de raisonnement (!)• t Âmauld pourrait même nier qu'il faille des raisonne-

(i) Yfêki et fau$$t$4àé€$, cb. xxm.

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