DEUXIÈME PARTIE
diffusion jusqu'à ses dernières limites (1). Il semble incontestable qu'en procédant ainsi nous approchons de plus en plus de Tétat d'équilibre. Nous croyons donc permis de supposer que, nulle à l'instant précis de la création, la somme algébrique des quantités de mouvement ne doit pas cesser d'être nulle.
Reprenons l'exemple cité tout à l'heure, et concevons qu'au lieu de marcher à laTencontre l'un de l'autre^ les deux corps s'élèvent suivant la verticale, avec une même quantité de mouvement. La gravité s'exerçant par une action constante proportionnelle à la masse, le temps nécessaire à la force pour détruire le mouvement est proportionnel à la vitesse d'impulsion- Or l'espace croit comme le carré du temps : donc il sera comme le carré de la vitesse.
II résulte de là que le produit de la hauteur franchie par l'effort exercé croît proportionnellement à la vitesse, lorsque la quantité de mouvement demeure invariable. Ain^, deux corps capables de se réduire mutuellement au repos par le choc peuvent néanmoins, sous l'action continue d'une même force retardatrice constante, franchir des espaces proportionnels à leurs vitesses respectives.
Pour trouver quelque chose de contradictoire dans les termes de cette proposition, il faut confondre la dépense
(1 ) Dans un ouvrage intitulé Mémoire sur Vitat primitif et iur V organisation de l'univers, M . Lenglet s'est proposé d*établlr que les lois admises en physique permettent de considérer l'état actuel de l'univers comme la conséquence d'un état initial présentant la matidre uniformément répartie dans Teiptct.
continue de force qu'exige la génération de la vitesse, ea égard au temps et abstraction faite de Tespace, avec colle qu'elle exige, eu égard à l'espace et abstraction faite du temps.
Lorsqu'il s'agit d'un effort instantané, ni le temps ni l'espace ne sont à considérer ; en ce cas, on a la force proprement dite. S'agit-il, au contraire, d'un effort continu, et veut-on tenir compte de Ik continuité, l'expression isolée de la force devient insuffisante ; il faut y joindre un nouvel élément. Ce sera ou le temps pendant lequel la force agît, ou l'espace que parcourt son point d'application. Dans le premier cas, le produit de la force par le temps est la mesure correspondante de la quantité de mouvement que peut engendrer la puissance dans son développement uniforme et continu. Dans le second cas, le double produit de l'espace par la force mesure de la même manière la quantité de force vive.
Le produit mt;% appelé improprement force vive^ n'est point une force. 11 en est de même du produit mv, nommé quantité de mouvement. Un corps se meut; il y a là masse et vitesse, mais non force ; il y a puissance, mais elle serait la même à l'état de repos. Le mouvement acquis témoigne d'une lutte antérieure, pendant laquelle se trouvaient à chaque instant en présence deux forces toujours égales et contraires, l'une extérieure et excitatrice Tautre inhérente à la matière et rendue sensible par l'excitation étrangère qui provoquait son développement. L'effet de celte lutte se résume dans la génération d'une certaine vitesse.