CHAPITRE PREMIER
«lilimiaiiie,
Après avoir considéré les idées, les substances spiri* tuelles et corporelles, Tunion de Tâme et du corps, la révolution survenue en nous dans la chute primitive, les éléments, la terre et les cieux, enfin les choses en particulier et en elles-mêmes, voyons leur ensemble et leur rapport avec Dieu.
Descartes enseigne que Dieu n'a aucune idée des choses qu'il crée. « Il répugne, dit-il, que la volonté de Dieu n'ait pas été de toute éternité indifférente à toutes les choses qui ont été faites ou qui se feront jamais, n'y ayant aucune idée qui représente le bien ou le vrai, ce
quMl faut croire, ce quMI faut faire, ce quMI faut omettie, qu'on puisse feindre avoir été Tobjet de rentendement divin, avant que sa nature ait été constituée telle par la détermination de sa volonté. Et je ne parle pas ici d*une sinaple priorité de temps, mais, bien davantage, je dis qu*il a été impossible qu'une telle idée ait précédé la détermination de la volonté de Dieu par une priorité d'ordre, ou de nature, ou de raison raisonnécj ainsi qu'on la nomme dans l'école, en sorte que cette idée du biei ait porté Dieu à élire l'un plutôt que l'autre. Par exemple, ce n'est pas pour avoir vu qu'il était meilleur que le monde fût créé dans le temps que dès l'éternité, qu'il a voulu le créer dans le temps ; et il n'a pas voulu que les trois angles d'un triangle fussent égaux à deux droits, parce qu'il a connu que cela ne se pouvait faire autrement^ etc. ; mais au contraire, parce qu'il a voulu créer le monde dans le temps, pour cela il est aussi meilleur que s'il eût été créé dès l'éternité; et d'autant qu'il a voulu que les trois angles d'un triangle fussent nécessairement égaux à deux angles droits, pour cela, cela est maintenant vrai, et il ne peut pas être autrement, et ainsi de toutes les autres choses (1).» Et ailleurs il n'hésite point à déclarer c qu'il a été aussi libre à Dieu de faire qu'il ne fût pas vrai que toutes les lignes tirées du centre à la circonférence fussent égales, comme de ne pas créer le monde (2) ». Conséquemment il ne veut point qu'on s'arrête « à examiner
(l) (Kkv , l. n, p. 848. Véd. rép,, obj. 6«. («) T. VI.p.308. />«re#.