‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 206 sur 230 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

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Copernic avait remis au jour et démontré Topinîon pythagoricienne que les planètes se meuvent autour du soleil (1) ; Kepler avait trouvé qu'elles décrivent des ellipses, que les aires formées par les rayons vecteurs sont proportionnelles aux temps qu'ils emploient à les tracer, et les carrés des temps périodiques aux cubes des grands axes; il avait attribué le mouvement des planètes à Taltraction du soleil, le mouvement de la lune à Tattraction de la terre; et Boulliaud avait montré que Tattraction agit en raison inverse du carré des distances : il semble donc que le système astronomique du monde était entièrement connu et que Newton eût pu écrire son livre des Principes. Le croire • cependant serait une illusion. Il manquait l'idée de décomposer le mouvement des corps célestes et de le considérer comme résultant de deux mouvements, Tun dirigé suivant le

(1) n parait que k« Égyptiens faisaient tooraer Mercure et Vénus autour du soleil, et le soleil, avec les autres planètes, autour de la terre. Voir les autorités rapportées par Lalande, Astron., t. I, p. 508.

rayon vecteur et produit par l'attraction ^ l'autre suivant la tangente, et ayant pour cause une impulsion ; il manquait de plus la théorie mathématique de ce mouvement, qui est celle des forces centrales; il manquidt enfin Tidée que les principes de la mécanique exigent que la disposition des astres soit comme l'enseigne Copernic. Or, qui songeait à ces deux idées et à cette théorie?

 l'occasion du troisième mouvement que Copernic suppose à la terre, pour que, dans le mouvement annuel, son axe reste parallèle à lui-même, Bailly remarque < qu'il considérait la translation de la terre autour du soleil comme si notre planète avait été attachée à un rayon, à une verge de fer, qui eût tourné sur le soleil comme sur son cçntre. Il est clair qu'elle lui aurait toujours présenté la même face, et elle ne pouvait lui présenter tous ses points dans une année que par un mouvement particulier de rotation, Copernic était conséquent; il lui manquait les connaissances qui n'étaient pas encore acquises. Galilée et Descartes n'avaient pas approfondi la nature du mouvement; on ignorait comment il se compose dans les corps. Copernic ne savait pas que le mouvement ne s'exécute jamais qu'en ligne droite, que celui qui a lieu dans une courbe est le résultat de plusieurs mouvements; il croyait coDome Aristote, que le mouvement circulaire était tel par sa nature (1). >

(1) Hist de l'Attron. moderne, t, 1, p. 354.

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