TROISIÈME PARTIE
Quoique Kepler rejette le troisième mouvement et voie dans le parallélisme de l'axe Teffet de la rotation, il ne laisse pas de croire que les planètes sont portées autour du soleil comme des fardeaux. < Le soleil, dit-il, tout en restant à la même place ^ tourne cependant comme en rond ; il lance dans toutes les directions des émanations de lui-même analogues à celles de la lumière. Ces émanations participent au mouvement de rotation du soleil, tourbillonnent avec rapidité et remplissent toute rétendue de Tunivers, emportant avec elles, dans un mouvement circulaire^ les masses des planètes, par une action plus énergique ou plus faible, suivant qu'ellesmêmes sont plus denses ou plus rares, suivant la loi de rémission (1). • — fil conçoit donc, observe encore Bailly, que le soleil doit tourner lui-même. LMnfluence qu'il répand dans Tunivers conserve cette gyration et la communique aux- planètes. Les émanations de cette vertu sont considérées comme des rayons, comme des leviers infiniment étendus^ mais toujours attachés à leur centre, autour duquel ils font leur révolution, en pous« sant devant eux les corps qu'ils rencontrent. Fracastor avait montré que le mouvement suivant une direction pouvait se décomposer en deux autres. Tartalea avait
(1) « Sol manens quidem loco suo rotatur tamen cen in toroo ; emittit Vero ei sase, in mundi amplitudinem, speciem immateriatam corporis sui aDalogam speciei immaleriats iucis sue ; qu» species ad rotationem corporis solaris, rotatur ipsa quoqne instar rapidissimi vorlids, per totam mundi amplitudinero, transferique anasecum in gynun corporaplanetarum, intenso vel remisso raptu, prout densior, vel rarior, ipsa effloxus lege fuerit. » De Stella MartU, introd., pag. penuUima. Passages analogues, p. 173, 114, 183.
enseigné que dans le jet des bonabes il peut naître un mouvement plié en courbe, des forces combinées de la poudre et de la pesanteur, qui agissent en ligne droite. La faculté de ces rapprochements manque tout à fait à Kepler (1). • Plus tard, 1645, alors que les ouvrages de Galilée étaient publiés depuis plusieurs années et ses découvertes répandues, de semblables rapprochements échappent à Boulliaud. Reculant jusqu*& Aristote, il veut que le soleil et les planètes soient mus par leurs propres formes, indépendamment les unes des autres (2). Il nie même Tattraction, et s'il soutient qu'elle doit agfr en raison inverse du carré de la distance, c'est pour établir contre Kepler qu'elle n'existe pas. Celui-ci affirmait qu'elle agit en raison inverse de la distance simple; il montre qu'elle ne le peut, et il en conclut qu'elle est inadmissible. Ces rapprochements échappent aussi à Roberval, 1644 et 1647, dans son Arisiarque de SafMs, où règne un mélange d'attraction et de tourbillon.
En 1666 seulement, on trouve chez Borelli la décomposition du mouvement appliquée à celui des astres (â). Dans le m* chapitre de sa Théorie^ il tâche d'expliqué, par la combinaison de la force centrifuge et de la force centripète, la marche des planètes et la variation de leur vitesse entre le périhélie et l'aphélie. Il dit que si le
(1) HUt. de VAitron. moderne^ l H, p. 60.
(2) « Dico solem t propria sua forma circa proprinm axem movcri» qvi et hicidus est, cxteris vero planetis nullam motus spedem imprimere, q«a vehat, ipsos vero singulos a singulis formis quibns pnBditi sont drcamdKi « tronomia pfUtoîûica, K?. I, ch. xn,p. 23.
(3) Theoricœ mediceorum planetarum ex eeuêU physieU deéueUB*