TROISIÈME PARTIE
du Heu OÙ ils ont été lancés, sans que le mouvement de la terre puisse empêcher ce mouvement, quand il est dans toute sa force.
c Mais parce qu'aucun projectile ne peut être lancé à la cent millième partie du diamètre de la terre, il s'ensuit que la fumée et les nuages ne peuvent résister au mouvement général ; unsi, ce qui sera projeté perpendiculairement retombera au même lieu, nonobstant le mouvement de la terre, qui entraîne avec elle tous les corps qui sont dans Tatmosphère, comme si ces corps la touchaient.
t Ces vérités bien comprises, et soigneusement examinées, on verra s'évanouir cette absurdité et cette impossibilité imaginaire qu'on objectait au mouvement de la terre. »
I Yoilà, s'écrie Delambre, à qui nous empruntons
vires pennixtomm cam viribus terre tnctoriiSy atque ita se explicaturum noonihil a rapta iUo telluris : non secus atque motus violentus proJectUia noonihil a raptu telluris explicat, ut yû pnecurrant, projecta versus orientem, vel destituantur, si in ocddentem projiciantur : atque ita locum suum, a quo projecta sunt, vi compulsa deserant : neque raptus terr» hanc violentiam in solidnm impedire possit, quamdiu ▼identus motus in suo vigore est.
M Sed quia nuUum projectile centies millesimam diametri terne partem a superficie terr» separatur, ipsaeque adeo nubes, atque fumi» quœ minimum terrestris matflri» obtinent, non millesima semidiametri parte evolant in aitum : nihil igitur potest nubium, ftimorum, et eorum, qu» perpendiculariter in altum projiciuntur resistentia, et naturalis ad quietem indinatio, nihil, inquam, potest ad impediendwn hune sui raptum ; utpote ad quero bec resistentia in nulla proportione est. Itaque quod perpendiculariter sursum est projectum, reddet in locum suum, niliil impeditum motu teUuris, ut que subduci non potest» sed una rapit in aère volantia, vi magnetica sibi non minus concatenata, quam si corpora illa contiogeret.
« Hisce propositionibus mente comprebensis et diligenter trutinatis, non tantom evanescit absurditas et falso imaginata iropossibilitas physica motus terre : sed etiam patebit, quid ad objecta physica, quomodocunque informata, sit tas^ pondendum. • Stella MartUy introduc.
c cette traduction libre, voilà qui était neuf, vraiment « beau, et qui n'avait besoin que de quelques développe- I ments et de quelques explications. Voilà les fondemeots t de la physique moderne, céleste et terrestre (1). i
Sans doute, on y rec(mnaît la puissance du génie divinateur, qui, dans les temps modernes, n*a point de rival, et qui, dans Tantiquité, ne rencontre que Pythagore.
Cependant que tirer de ces anticipations étonnantes, qui ne mettrat sur la voie d'aucun calcul important, qui respirent les forces animales, qui circonscrivent Tattraction entre les corps analogues de nature, qui par là supposent que la matière n'est pas la même dans tous, et qui étendent la gravité de la terre seulement beaucoup plus loin que la lune? Gomment dès lors être conduit à voir dans cette gravité un cas particulier d'une pesanteur umverselle? Si, comme Delambre le dit, les vues de Kepler n'ont besoin que de quelques développements et de quelques explications, ces développements et ces explications ont besoin d'une révolution complète dans les idées.
N'est-ce pas par la manière dont Descartes conçoit fa matière qu'ont été découvertes les lois générales de te réfraction simple et de la réfraction double? Snellius, eo tâtonnant, j'imagine, a trouvé la loi de la réfraction simple, et sans trop bien la comprendre^ nec tamen^ qvod invenerat^ satis intelligeret , dit Huyghens (2). Il est douteux qu'on fût ainsi parvenu empiriquement à la loi de la réfraction double. En vain Kepler tente de démon-
(1) Hist, de fastron. moderne, t. 1, p. 391.
(2) Viopt., p. 2.