TROISIEME PARTIE
trer celle de la réfraction simple. II s'avise néanmoins d'employer la décomposition du mouvement; mais faute d'une explication de la lumière qui la ramène aux principes de la dynamique, cette heureuse idée ne lui réussit point. Ajoutons, pour être vrai, qu'il ignorait la loi et la cherchait en même temps que la preuve. En fait d'hypothèses, car l'attraction n'en est pas une, en fait d'hypothèses, que comparer aux ondes dont Oescartes est le créateur? Quelle autre a ainsi rendu raison des expériences et les a quelquefois devancées? Ne semble- t-elJe pas le secret de la nature, dans les phénomènes du son, de la lumière, du calorique, peut-être de la gravitation, déjà en partie de l'électricité, du magnétisme, et être destinée à montrer la plus merveilleuse unité de moyens, au milieu de la plus merveilleuse variété d'effets?
La loi du mouvement primitif en ligne droite est si simple, se présente si naturellement, que, si l'histoire ne l'attestait, on ne pourrait croire qu'elle ait été ignorée jusqu'à Kepler. Du moins cette perçante intelligence la manifestera avec une évidence frappante? Eh bien, lisez le second chapitre de son Étoile de Mars, et vous trouverez précisément le contraire. Il en va chercher une raison embrouillée dans les muscles de notre corps. C'est que, pour entondre et produire clairement cette loi, il fallait la voir présidant à la formation du monde. Il en est ainsi de la loi d'inertie, de celle que la même quantité de mouvement se conserve dans le choc des corps. Au dire de Montucla, « Galilée a été en possession de cesdeux premières lois fondamentales, parce qu'elles sont la
base sous^ntendue de ses démonstrations sur le mouvement accéléré (1). > C'est le raisonnement de Delambre s'évertuant à persuader que Kepler connaissait la force centrifuge comme Descartes, attendu qu^elle est comprise dans le mouvement circulaire. Il convenait ailleurs que Kepler ne songea jamais à le décomposer, et il ajoutait c que les choses les plus faciles sont assez souvent celles auxquelles on songe le moins (2) • • Ces paroles et celles de Hontucla prouvent combien des hommes, du reste fort doctes, sont ignorants de la marche de Tesprit humain dans les découvertes.
On doit attribuer à la même idée que Descartes se faisait de la matière, la recherche des lois générales de Torganisme^ comme la nutrition, la circulation, les sécrétions, les appareils des sens, le jeu des muscles. Quoique cette recherche se fonde sur les dissections, Texplication mécanique marque les rapports communs, et souvent dévoile une seule fonction là où Ton s'imaginait en voir plusieurs. Pour le montrer en détail, il faudrait transcrire r Homme de Descartes presque en entier, et examiner les ouvrages d'anatomie et de physiologie qui Font précédé immédiatement et ceux qui Tont suivi. Parmi les derniers, on distinguerait d'abord, selon Tordre des temps, le traité du Mouvement des animatÂx de Borelii, que nous avons vu le premier appliquer à l'attraction la décomposition cartésienne des forces dans le mouvement curviligne, traité, dit Sprengel, c où le mouvement muscu-
(1) HUt. de$ math., t. II, p. 191.
(2) Hiit. de Voitron., 1. 1, p. 460.