PREMIÈRE PARTIE
le même être grossi et augmenté ; que toutes ces diverses connaissances développent la première ; que ce sont des membres et des branches, mais des membres et des branches qui ne sont qu'un avec la tige (1).
t La connaissance de Tétre fini suppose la connaissance de l'être infini. Il est pourtant vrai que la connaissance des êtres finis nous conduit à la connaissance de Dieu, parce que la connaissance des êtres finis nous fait faire attention à cette connaissance primitive de la divinité que Dieu a gravée dans le fond de notre âme, en la créant à son image. •• La preuve de l'existence de Dieu, tirée de l'existence des créatures, est une preuve excellente en son genre ; mais elle n'est pas la cause efficiente de la connaissance de Dieu, puisque cette connaissance est antérieurement à tout gravée dans mon âme, et qu'elle est donnée & tout homme en naissant.. • Mais notre esprit ne se donne pas tout seul la connaissance de Dieu... Il eit certain que nos connaissances contiennent certaines perfections qui se trouvent en Dieu : je connais. Dieu connaît aussi ; mais son intelligence est infinie et souveraine, la mienne ne l'est pas : il est donc vrai que mes connaissances représentent Dieu en quelque chose, mon âme est créée à son image. Il est vrai encore que toutes mes connaissances sont capables de me conduire & la connaissance de Dieu, parce qu'en faisant réflexion sur la moindre de mes connaissances, et remontant de degré en degré, je découvrirai, et je ferai attention â
(i) Dt l'action de Dieu sur les créaturei, nouv. Mit.. 1714, i. U, sect. vn, part. I, cbap. uv.
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IMdée de Dieu, qui est gravée au fond de mon âme (i). • Toutefois^ comme s*il oubliait ce qu'il vient de dire, que nous avons une idée innée de Dieu, Boursier prétend que nous voyons Dieu immédiatement en lui-même, selon Topinion de Malebranche (2). Son ouvrage est assez mal digéré*
Bossuet s'engage peu dans les controverses philosophiques ; mais le besoin d'expliquer les dogmes religieux le conduit quelquefois à proclamer les vrais prindpes de la connaissance : c L'idée que nous portons naturelle* ment dans notre fond de la perfection de Dieu, en sorte que nous penchons naturellement à lui attribuer ce qu'il y a de plus parfait, était si vive dans le premier homme, que rien ne la pouvait offusquer (â).i — c La connaissance n'est autre chose que la substance de l'âme affectée d'une certaine façon, et la volonté n'est autre chose que la substance de l'âme affectée d'une autre. Quand je change ou de pensée ou de volonté, ai-je c«tte volonté ou cette pensée sans que ma substance y entre ? Sans doute elle y entre; et tout cela au fond n'est autre chose que ma substance affectée, diversifiée, modifiée de différâtes manières, mais dans son fond toujours la même. Car, eo changeant de pensée, je ne change pas de substance; et ma substance demeure toujours une pendant que mes pensées vont et viennent, et pendant que ma volonté va se distinguant de mon âme d'où elle ne cesse de sortir,
(i) De VactUmde Dieu sur le$ créatures, t. l, sect. m, chap. m.
(2) T. I, sect. III, chap. m.
(3) Élév, sur les mysL, vue semaine, ^^lévatioa m.