CHAPITRE m
UntOB de Vàmt et da corpi.
Les anciens philosophes et les scoIasUques, leur écho, attribuaient à Tàme la sensation et la nutrition aussi bien quelaraison. YoyezPlaton dans le Timée (1), dans le Gratyle (2) et dans une grande partie du dixième livre des Lois (â). Entre les puissances de rame, Âristote met la sensation et la nutrition (&). Il en est ainsi de Plotin (5). Écoutons saint Augustin : c C'est par mon âme ellemême que je m* élèverai jusqu'à Dieu. Je passerai au delà de cette puissance par laquelle je suis attaché à mon corps, et qui répand la vie dans tous ses membres. Ce n'est point par une telle puissance que je trouverai
(1) Trad. de M. Coosin, t. Xn, pr. 197.
9) T. XI, p. 49.
(3) T. Vra, p, 211.
(i) De ràmet liv. n, chap. m.
(5) Bnn. i, Ky. Ill, chap. xxii ek xxiii.
I3i LE CARTÉSIANISME.
mon Dieu ; car s'il en était ainsi, le cheval et le mulet, qui n'onf point l'intelligence, pourraient le trouver aussi, puisqu'ils ont comme moi cette même puissance qui donne la vie à leur corps. Il en est une autre par laquelle je communique non-seulement la vie, mais encore le sentiment à ce corps que mon Dieu m'a donné, puissance qui commande à mon œil, non pas d'entendre, mais de voir; à mon oreille, non pas de voir, mais d'entendre, et de même à chacun de mes autres sens, ce qui est propre à la place qu'il occupe et aux fonctions qui lui sont réservées; fonctions diverses dans lesquelles mon esprit, qui est un, qui est moi-même, agit par eux. Je passerai encore au delà de cette seconde puissance, car le cheval et le mulet la possèdent aussi bien que moi, et comme moi ils ont des sens corporels (1). iLes matérialistes mêmes, Démocrite, Épicure, les stoïciens (2), rapportent la sensation et la vie à une âme qu'ils supposent dans le corps, mais d'une nature plus épurée que lui. C'est ordinairement ou le feu des astres ou l'éther. Si, d'un côté, Dicéarque paraît rejeter l'âme, en la réduisant à n'être qu'une harmonie des quatre élé-
(1) « Peripsam animam meam assendtm ad Deum. Transibo vim meam , qaa haereo corpori, et ?italit4T compagem «jus repleo. Non ea vi reperio Deum meam : nam reperiret et eqmis et mulos, qidbos non est faUeUectos (Ps. 31, 9); quia ^ cadem m qua vivimt etiam eorum corpora. Est alla vis non solum qoa vififico, seé eiiam qua sensifico carnem meam quam mihi fabricavit Domions ; jubens ocolo nt DOB audiat, et aurit ut non videat ; ed iUi perquem videam, hoic per quam aodiaB, et propria siog'dlatim c^teris sensibus sedibus suis et ofBdis suis; qu» di?ersa per eos ago unus ego animus. Transibo et istam yim meam : nam et banc habet eqnos tft mnlus, sest&unt enim ipsi etiam per corpus. » dmf.f liv. X, chap. vn.
(2) Laerr.., liv. VII, chap. ix et x.