‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 59 sur 230 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

ridée de notre corps ^t notre esprit (i). D*oii il suit que ridée de chaque chose est également son esprit ou son âme. Bossuet (2) incline aussi à donner une âme aux bêtes. Locke dit qu'elles ne sont pas de pures ma* chines (â) 9 mais que les plantes le sont (A). Admet-il une âme dans les brutes, ou suppose-t-il que leur corps est de lui-même vivant ? On ne sait. Leibnitz adopte également la doctrine de Descartes : < Dieu a créé Tâme d'abord de telle façon, qu'elle doit se produire et se représ^ter par ordre ce qui se passe dans le corps» et le corps aussi de telle façon qu'il doit faire de soi-même ce que l'âme ordonne. De sorte que les lois qui lient les pensées de l'âme dans l'ordre des causes finales et suivant l'évolution des perceptions, doivent produire des images qui se rencontrent et s^accordent avec les impressions des corps sur nos organes ; et que les lois des mouvements dans le corps, qui s'entre-suivent dans l'ordre des causes efficientes, se rencontrent aussi et s'accordent tellement avec les pensées de l'âme, que le corps est porté à agir dans le temps que l'âme le veut (5). t On voit que Leibnitz compte les images parmi les pensées de l'âme, et qu'il ne fait du corps qu'une machine. Il place aussi dans l'âme le siège, la source des sensations de

endos Dens est causa, eodem modo ac hamani corporis idea; atque ideo. quidquid de idea humani corporis diiimus. id de cujuscamqiie rei idea necessario dicendum est. > Eth. pars, t prop. i3 schol.

(1} < Mens hamana est ipsa idea coq)oris humani. • Ibid,^ prop. 19.

(2) Conn. de Dieu et de sùi-méme, chap. v, art. 13.

(3j Euai sur VEnt,, liv. II, chap. xi, art. 11.

(4j Ibid,, chap. ix, art. 11.

(5) 7%ÀMi.,art.6S.

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plaisir et de douleur (1). Ailleurs il dit que < les images dont Tàme est immédiatement affectée sont en ellemême (2). 1 SMl ajoute que « ces images répondent à celles des corps, t il n'entend point par là que le corps sente et ims^ne à proprement parler, mais que c'est un effet de son mécanisme. Dépareilles images dans le corps sont admises par Descartes ; cependant < il ne faut point se persuader, selon lui, que ce soit par le moyen de cette ressemblance des objets que nous les sentons ; mate plutôt que ce sont les mouvements par lesquels elle est composée, qui, agissant immédiatement contre notre âme, tant qu'elle est unie à notre corps, sont institués de la nature pour lui faire avoir de tels sentiments (â). > Au reste, Leibnitz s'explique ailleurs très-clairement: « Tout ce que l'ambition, dit-il, ou une autre pasdoo fait faire à Y âme de César, est aussi représenté dans son corps : et tous les mouvements de ces passions viennent des impressions des objets joints aux mouvements internes ; et le corps est fait en sorte que l'âme ne prend jamais de résolution que les mouvements du corps ne s'y accordent, les raisonnements même les plus abstraits y trouvent leur jeu par le moyen des caractères qui les représentent à l'imagination (/j.). » Quelques lignes plus loin, Leibnitz ne reconnaît dans le corps que des figures et des mouvements, et nie avec raison qu'ils puissent

(1) Op., t. n, part. I, p. 75 et 76. Nouv. euaU ntr Vent., Uv. IV, chap. m, art. 1.

(2) Ibid., p. 132.

(8) T. Y, p. 54. DiopL dUc., 6.

(i) Qp.,t. n, part. I, p. Si.

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