‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 60 sur 230 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

servir à expliquer lapercepdon, terme par lequel il désigne ordinairement la sensation et Timagination.

H. de Biran ne pouvait guère plus mal s'adresser pour soutenir que la sensation appartient au corps. Il s'appuie sur les paroles suivantes» qui paraissent extraites des Réflexions sur Fâme des bêtes (i), de la lettre sur le même sujet, qui précède (*2), et des deux pièces (3) où Leibnitz expose son système : < Outre ce degré infime de perception, qui subsiste dans le sommeil comme dans la stupeur, et ce degré moyen, appelé sensation^ qui appartient aux animaux comme à Tbomme, il est un degré supérieur que nous distinguons sous le titre exprès dépensée ou d^aperception. La pensée est \eL perception simple, jointe à la conscience du moi, ou à la réflexion, dont les animaux sont privés. . • L'esprit {mens) est Tàme raisonnable; la vie appartient à IMme sen^t^ibe. L'homme n'a pas seulement une vie, une àme sensitive^ conmie les bétes; il a de plus la conscience de lui-même, la mémoire de ses états passés : de là V identité personnelle^ conservée après la mort ; ce qui fait l'immortalité morale de l'homme, jointe à l'immortalité physique ou à la conservation de l'antma/, qui ne fait que s'envelopper et se développer.

fl II n'y a point de vide dans les perfections ou les formes du monde moral, pas plus que dans celles du monde physique ; d'où il suit que ceux qui nient les

(1) Commèntatio de anima brutorum^ ibid., p. 230.

(2) Jbid., p. 226.

(3) Md., p. 20 et a2.

4 iO LE CARTÉSIANISME.

âmes des animaux et qui admettent une matière complètement brute, s^écartentdesrèglesde la vraie philosophie, et méconnaissent les lois mêmes de la nature. • .

« Nous éprouvons en nous-mêmes un certain état où nous n'avons aucune perception distincte et ne nous apercevons de rien, comme la défaillance, le sommeil profond, etc. Dans ces états, Tâme ne diffère point d'une simple monade; mais, comme ce n'est point l'état habituel et durable de l'homme, il faut bien qu'il y ait en lui quelque autre chose. La multitude des perceptions où l'esprit ne distingue rien, fait la stupeur et le vertige, et peut ressembler à la mort. £n sortant de cette stupeur, comme en s'éveillant, l'homme qui recommence à avoir la conscience de ces perceptions, s'assure bien qu'elles ont été précédées ou amenées par d'autres qui étaient en lui sans qu'il s'en aperçût ; car une perception ne peut naître naturellement que d'une autre perceptioD, comme un mouvement naît d'un autre mouvement Ainsi se distingue parle fait de conscience, ou l'observation de nous-mêmes, la perception qui est l'état intérieur de la monade, représentant ces choses externes, et l'opercep^îon, qui est la conscience ou la connaissaDce réflexive de cet état intérieur, laquelle n'est point donnée k toutes les âmes, ni toujours & la même &me, etc. (i). »

Franchement nous ne voyons là que la même àme considérée dans l'état végétal, dans l'état animal, dans

(1) Rapp, du phys, et du morale p. 84.

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