PREMIÈRE PARTIE
qui presque tous vous reconnaissent pour un de leurs mattres, et qui vous doivent peut-être plus encore qu*à SUhl.
Enfin, Leibnitz prononce la séparation complète de rame et du corps; et leur attribuant Tactivité, il veut que Dieu ait coordonné les pensées de Tàrae et les mouvements du corps de manière que, sans se communiquer, « ils se rencontrent et se répondent comme deux pen^ dules parfaitement bien réglées sur le même pied, quoique peut-être d'une construction toute différente (1). » Cette harmonie préétablie est un contre-coup des causes occasionnelles. L'auteur Tavoue. Le passage des causes occasionnelles à Tharmonie préétablie ne lui parait pas fort difficile (2). Non, car après l'hypothèse que l'âme et le corps étaient passifs, que restait-il, si l'on voulait innover, que de reconnaître leur activité? S'ils sont actifs. Dieu n'opère plus seul en eux, il se borne à concourir. Si actifs et ne s'influençant point, ils sont indépendants, et Dieu a dû régler leurs opérations solitaires, afin qu'ils pussent marcher d'accord.
Au chapitre des substances, on a vu combien peu l'harmonie préétablie est admissible. Il est clair que l'influence devait reparaître avec l'activité; mais comme l'activité du corps lui est propre, qu'il ne l'emprunte point de l'àme^ l'âme en agissant sur lui, ne lui donne point de force, elle ne fait qu'exciter, développer celle qu'il possède essentiellement, et qui opère dans ses fonc-
(1) Op.f t. U» part. I, p. 40.
(î) Op.. t. V, p. 13.
tioDS animales et sensitives. De son côté, le corps ne
donne aucune force à Tâme, qui d* elle-même a pleine puissance de penser, seulement il concourt à exciter cette puissance, et quelquefois Tentrave, s*il est mal organisé ou développé. 11 nous serait facile d'appuyer ce genre d'influence sur des considérations et des faits puisés dans la médecine; mais les auteurs que nous examinons s'étant renfermés dans les raisonnements philosophiques, il convient de les imiter. Quant à Faction des corps les uns sur les autres, elle est toujours conçue d'une façon analogue à celle de Pâme et du corps qui lui est uni ; c'est, ou une influence principale, comme avant Descartes, ou une influence conditionnelle, une harmonie préétablie, comme dans l'école cartésienne, ou une influence effective mais secondaire, comme à présent. Nous passons sous silence le médiateur plastique de Cudworth (1), d'abord parce que ce système est étranger à l'école cartésienne, et ensuite parce qu'il est trop peu philosophique.
(i) BihUotkèque choisie de Ledere, t. H, m, V.
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