‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 86 sur 230 · DEUXIÈME PARTIE. â · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. â

elliptique» le soleil serait, non pas au foyer, mais au centre de Torbe planétaire, et les planètes au centre des orbes décrits par leurs satellites. La force centrifuge agit perpendiculairement à Taxe du tourbillon ; voilà les plans des orbites, parallèles à Téquateur et ne passant plus tous par le centre, soit du soleil, soit des planètes, ou, s'ils y passent, ils se confondent. Par la même raison, la pesanteur sur la terre ne serait dirigée à son centre que sous la ligne. Tout partisan qu'est Huyghens des tourbillons, il ne craint pas de signaler ces insurmontables difficultés (1). I! pouvait y joindre celle du flux et du reflux.

Nous ne retraçons point ses efforts et ceux de Leibnitz, des Bernoulli et autres, pour mettre les tourbillons d'accord avec le calcul et l'observation, en les modifiant de mille manières; il nous suffit de savoir qu'ils ne purent y parvenir dans la plupart des cas si communs dont nous venons de parler, pour comprendre combien il serait insensé de le tenter dans ces inégalités si subtiles qui occupent aujourd'hui les astronomes, et qu'ils évaluent avec tant de précision. Chercher donc dans les touii)illons l'explication exacte des phénomènes, ce serait mal entendre leur destinée; mais voyons-y le moyen de faire comprendre que les phénomènes peuvent résulter d'un mécanisme géométrique actif, qui, une fois créé et avec le seul concours de l'action conservatrice de Dieu, va de lui-même par la correspondance et le jeu de

(1) Di$cour$ iur la cause de la pesanteur, p. 161. Leyde, 1690.

ses parties, sans qu*il soit besoin d*âmes pour les mouvoir et les diriger. Or, ce moyen ne saurait être mieux conçu, et il a parfaitement réussi. La simple combinaison des mouvements primitifs en ligne droite des parties de rétendue, produit en un instant Tunivers. Avec quelle netteté, quelle facilité la construction commence, se poursuit, s'achève, et la machine fonctionne! On suit à Tœil tous les progrès, et Ton contemple une pièce si vaste, si immense, et pourtant si intelligible, avec le même contentement d'esprit, que si Ton avait ravi à Dieu tous les secrets de la nature corporelle.

De cette conception, en effet, jaillit pour Tesprit humain la lumière dans Tétude de la physique. On peut, aussitôt quMIs paraissent et avant un examen réfléchi, apercevoir le vice des tourbillons, et les rejeter dans les détails et même dans T ensemble, mais on ne peut plus songer à Tanimisme. t Au milieu de toutes les erreurs de Descartes, dit M. Biot, il ne faut point méconnaître une grande idée, qui consiste à avoir tenté, pour la première fois, de ramener tous les phénomènes naturels à n*étre qu'un simple développement des lois de la mécanique (i). » Descartes, remarque à son tour M. de Pontécoulant, fait un pas immense dans l'astronomie physique. Il imagine le système des tourbillons, système erroné sans doute, vulnérable sur tous les points, qui se refuse aux spéculations de Tanalyse^ qui n^explique qu*imparfaitement quelques faits isolés..., mais qui fera

(1) Biographie wdveneUe, art. Descartes., t. XI, p. 151.

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