‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 89 sur 230 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Ainsi les tourbillons font d* abord comprendre que les phénomènes célestes sont une conséquence de certains principes de mécanique, et puis quel est le fondement de ces principes. Ce fondement, c'est-à-dire la force centripète, effet de l'attraction, et la force centrifuge, considérée comme une impulsion, Hooke le présente, en 167A, d'une manière plus explicite et plus précise, f J'exposerai, dit-il, dans un écrit intitulé Essai pour prouver le mouvement de la terre par des observations, j'exposerai un système du monde, qui diffère, à beaucoup d'égards, de tous ceux qui sont jusqu'à présent connus, et qui est, en tout point, conforme aux lois ordinaires de la mécanique. Il est fondé sur trois suppositions. La première, c'est que tous les corps célestes, sans, exception, exercent un pouvoir d'attraction ou de pesanteur dirigé vers leur centre, en vertu duquel, nonseulement ils retiennent leurs propres parties et les empêchent de s'échapper dans l'espace, comme nous voyons que le fait la Terre, mais encore ils attirent aussi tous les autres corps célestes qui se trouvent dans la sphère de leur activité. D'où il suit, par exemple, que non-seulement le soleil et la lune agissent sur la marche de la Terre^ comme la Terre agit sur eux, mais que Mercure, Yénus, Mars, Jupiter et Saturne, ont aussi, par leur pouvoir attractif, une influence considérable sur les mouvements de ces corps. La seconde supposition est que tous les corps, une fois mis en mouvement uniforme et rectiligne, persistent à se mouvoir ainsi indéfiniment en ligne droite, jusqu'à ce que d'autres forces viennent

plier et fléchir leur route, suivant un cercle» une ellipse ou quelque autre courbe plus composée. La troisième supposition est que les pouvoirs attractifs s'exercent avec plus d*énergie» à mesure que les corps sur lesquels ils agissent s'approchent du centre dont ils émanent. Maintenant, quels sont les degrés successifs de cet accroissement pour des distances diverses? c'est ce que je n'ai pas encore déterminé par expérience. Mais c'est une idée qui, étant suivie comme elle mérite de l'être, ne peut manquer d'être fort utile aux astronomes pour réduire tous les mouvements célestes à une règle certaine, ce qui, je crois, ne pourra jamais s'obtenir autrement. Ceux qui connaissent la théorie des oscillations du pendule et du mouvement circulaire^ comprendront aisé^ ment sur quel fondement repose le principe général que j'énonce, et ils sauront trouver dans la nature les moyens d'en établir le véritable caractère physique. Je ne veux ici que l'indiquer à ceux qui auront le temps et la fa^ culte de suivre plus loin cette recherche, et qui réuniront la science du calcul au talent de l'observation, souhaitant ardemment que ce principe soit développé, et ayant moi-même en main d'autres recherches que je désire terminer d^abord, ce qui m'empêche de m'en occuper pour le moment. Mais j'ose promettre à celui qui réussira dans cette entreprise, qu'il trouvera dans ce principe la cause déterminante des plus grands mouvements que l'univers nous offre, et que son développement complet sera la véritable perfection de l'astronomie (1)« ^

(1) Extrait de la Biog. uniptrtelU^ art. Newton, par M. Kot, t. XXXI, p. IGt.

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