DEUXIÈME PARTIE
cile. a 11 a bien établi Texistence du principe, dit Laplace, mais le développement de ses conséquences et de ses avantages a été Touvrage de ses successeurs (1). » Mais, d'un autre côté, il faut reconnaître que la théorie des forces centrales appartient à Newton aussi bien qu'à Huyghens, quoique celui-ci ait publié ses Théorèmes en 1673, & la suite de V Horloge à pendule, et que les Principes mathématiques n'aient vu le jour qu'en 1687, c'est-à-dire quatorze ans plus tard. Dans sa lettre à Halley pour repousser les réclamations de Hooke en 1686, Newton déclare que dans un écrit qu'il avait composé plus de quinze ans auparavant, par conséquent avant 1671 , et deux ans plus tôt que l'apparition de V Horloge à pendule de Huyghens, c les tendances des planètes vers le soleil se trouvent calculées réciproquement au carré de leurs distances à cet astre ; et la proportion de la gravité terrestre à la tendance de la lune pour s'éloigner du centre de la terre y est également déterminée, quoique non pas assez exactement. Lorsque Huyghens, ajoute-t-il, publia son traité de Horologio oscillatorios il m'en envoya un exemplaire. Dans la lettre de remerciement que je lui adressai, je fis un éloge particulier de ces Théorèmes qu'il a placés à la fin^ à cause de leur utilité pour calculer la tendance de la lune à s'éloigner de la terre, celle de la terre pour s'éloigner du soleil, ainsi que pour résoudre une question relative à la constance d'aspect de la lune, et assigner une limite .
(i) ExpQ$iH<m au sytt. du Mondt^ IW. V. ch. v.
à la parallaxe solaire ; ce qui montre, qu*à cette époque, j'avais mon attention tournée vers les forces centrifuges des planètes, résultantes de leur mouvement circulaire, et que j'en comprenais la théorie (1). » Bien qu'il laisse voir peu de bonne foi dans sa querelle avec Leibnitz, relativement à la découverte du calcul différentiel, qu'il n'en laisse peut-être pas autant voir qu'on le désirerait dans celle où il est engagé avec Hooke, pourtant cette lettre respire, par les faits, un certain air de véracité qui ne permettrait de révoquer en doute les allégations essentielles qu'elle contient, que par des faits directement opposés. Gomment admettre, par exemple, qu'il allât forger le contenu si explicite de sa lettre à Huygbens?
c Huygbens, dit M. Beaudeux, a découvert la loi des forces centrales dans le cercle, ainsi que celle des (fêvcloppées, et c'est en réunissant ces deux tbéories, que Newton est parvenu à en déduire la loi générale des forces centrales dans une courbe quelconque (2). » Ce jugement n'ébranle point notre opinion, et il nous parait plus erroné que celui de H. de Pontécoulant, parce qu'il est plus positif. Ce que dit M. Beaudeux n'est que la reproduction de ce que d'Alenabert avait déjà avancé (3). La seule chose qu'on pourrait leur accorder, et qui paraît vraisemblable, c'est que Newton ne connaissait, avant 1673, l'intensité de la force centrale que dans le cercle, et qu'il s'est s^rvi de l'expression du rayon de courbure^
(1) Biogr. univ.^ art. N6¥rton, p. 159.
(i) Beaudeux, trad* de Farith. aniverselle de Newton, dise, prél., p. 8.
(8) Retherekeê sur différmU paUUê du $u$t. du Monde^ dise, prift.» p. 17.