DEUXIÈME PARTIE
ment qoe tout mouvement d'un solide dans un fluide, qui se fait en ligne courbe, ou dont la vélocité est continuellement difforme, vient du mouvement du fluide même. D'où je tire cette conséquence que les astres ont des orbes déférents^ mais fluides. J'ai démontré une ptoposition importante générale, que tout corps qui se meut d'une circulation harmonique, (c'est-à-dire en sorte que les distances du centre étant en progression arithmétique, les vélocités soient en progression harmonique ou réciproques aux distances), et qui a de plus un mouvement paracentrique, c'est-à-dire de gravité, ou de levité à regard du même centre (quelque loi que garde cette attraction, ou répulsion), a les aires nécessairement comme les temps, de la manière que Kepler Ta observée dans les planètes. Puis considérant, eoo observationibus^ que ce mouvement est elliptique, je trouve que les lois du mouvement paracentrique, lequel joint à la circulation harmonique décrit des ellipses, doit être tel que les gravitations soient réciproquement comme les carrés des distances, c'est-àEdîre comme les illuminations ea> sole (1 ) .» On voit quMl est aussi peu question de Newton que s*{l n'existait pas.
On reproche à Leibnitz de s'être trompé, en évaluant la force centrale sur la courbe polygone, et la force centrifuge sur la courbe rigoureuse. Newton aussi se trompa d'abord en cherchant quelle doit être la résistance d'un milieu pour qu'un corps y décrive une courbe donnée. Que
(1) 23 mars 1690. Op* Leib., t. H, part, i, p. 48;
conclure, sîdod que c*est une matière extrêmement délicate, et qu'on ne saurait l'aborder avec trop d'attention? L^erreur de Leibnitz a-t-elle influencé Yarignon et les Bernoulli» qui, d'après lui, se sont occupés de forces centrales? Newton, ajoute M. Biot, avait traité la question indépendamment d'aucune hypothèse. Oui, si, comme nous le pensons, l'attraction n'en est pas une, ce dont pourtant on n'aura jamais l'assurance infaillible. Oui encore, puisque son calcul subsiste, quand bien même les molécules de la matière, au lieu de s'attirer mutuellement en raison directe des masses et inverse du carré des distances, seraient poussées les unes vers les autres suivant la même loi. Sous ce dernier rapport, le calcul de Leibnitz jouit du même avantage. D'ailleurs, Veffort paracentrique sur lequel il se fonde est-il autre chose que l'attraction? Le seul tort est d'y mêler, comme on vient de le voir, ce qu'il appelle drcutation harmonique^ fluide qui emporte les planètes autour du soleil, les satellites autour de leurs planètes, et dont la vitesse circulatoire est, en chaque point de Torbite, réciproque à la distance au centre (1). Nous franchissons la difficulté d'arranger ces mouvements dans les diverses couches de ce fluide, en sorte que dans un orbe la vitesse soit inverse de la distance au centre, et que dans deux orbes elle puisse être inverse de la racine carrée de cette distance, ainsi que l'exige l'attraction. Nous y reviendrons bientôt.
On s'étonne que Leibnitz, doué d'une si grande fa-
(1) Op. Uib., t. m encore, p. 2U, art. 1, 2 et 3.