PETITE AILE
Les variations de forme et de longueur que cet os présente chez les adultes, apparaissent déjà dans le cartilage. J’appellerai spécialement l’attention sur son bord antérieur, d’où partent des saillies plus ou moins nombreuses et de grandeur différente, qui s’épanouissent sur la partie horizontale du frontal et, quoiqu’ils puissent y rester jusqu’à la dernière période de la vie utérine, ne s’ossifient pas mais disparaissent. C’est aussi le cas pour les saillies du bord antérieur, qui sont soudées à celles de l’épanouissement en forme de lyre de la partie criblée de l’ethmoïde. Elles forment quelquefois un réseau et sont si délicates quelles échappent à la vue, ou qu’on les enlève conjointement avec les membranes fibreuses de leur surface; chez d'autres fœtus, ces saillies cartilagineuses laissent des empreintes sur la partie horizontale, bien qu'elles disparaissent. En général, le bord antérieur du cartilage s’étend au-dessus de la partie horizontale du frontal et de la partie criblée en forme de lyre, et les saillies prennent naissance sous le bord, qui plus tard s’affaisse. M. Luschka 1 mentionne deux prolongements du bord antérieur du jugum sphenoideum (planum), un de chaque côté de l'échancrure ethmoïdale; leur bord antérieur est libre et s’avance sur la lame criblée; ces alæ minimæ peuvent exister comme des plaques osseuses isolées.
La pointe du cartilage est courbée en dehors en forme de sabre et s’étend le plus souvent jusqu’à l'angle inférieur et antérieur du pariétal. Cependant c’est quelquefois seulement en apparence que le cartilage se prolonge si loin en dehors; car le pli que forment les membranes cérébrales à partir du bord latéral de la partie quadrilatère de la selle turcique, et qui s’étend en forme d’arc convexe en avant jusqu’au bord postérieur de la petite aile, ne contient point de cellules cartilagineuses en dehors, bien que la couleur rouge de la .masse puisse faire croire le contraire, mais seulement
1 H. Luschka, die kleinsten Keilbeinfiügel; Siebold und Kôlliker, Zeitschrift für wissenschaftliche Zoologie 1857. 8, Pag. 123, Tab. 3.
des noyaux reposant dans une substance faiblement striée. Aussi, lorsque les petites ailes ossifiées s’étendent jusqu’au pariétal, est-il bien possible que leurs pointes extrêmes soient formées entre des membranes; nous avons déjà (Pag. 19) appelé l’attention sur ce fait, et nous le reverrons se reproduire dans la grande aile et les ailes ptérygoïdiennes.
Les deux racines, à l’origine de la petite aile, et le trou optique entre elles sont déjà visibles chez des fœtus à peine âgés de deux mois. La première ossification commence dans la pointe de la racine postérieure chez les fœtus de trois mois et demi ; il se forme derrière le trou optique un tubercule ovale et dur, auquel les membranes du cerveau adhèrent de bonne heure très fortement. Le tubercule augmente en grandeur, et, chez les fœtus de cinq mois, il part de son bord antérieur un prolongement plat qui s’engrène dans la racine antérieure, et entoure ainsi le trou optique en forme de fer à cheval; cependant cette ossification dans la racine antérieure peut se former d’une manière indépendante, parce qu’on peut la trouver isolée chez des fœtus un peu plus âgés. Les ossifications, en s'accroissant, prennent la forme d’un cœur et le trou optique est placé à l’échancrure du cœur. L’ossification de la racine antérieure, chez les fœtus de cinq mois, s’unit ensuite à l’ossification ovale à côté du planum et augmente plus vite en grandeur que l’ossification de la racine postérieure; cette ossification', chez un fœtus de sept mois et demi, semblait aussi être soudée à la profonde ossification ovale, de sorte que les parois du trou optique, lorsque le fond en est ossifié, sont formés de trois ossifications différentes. L’ossification des racines augmente en étendue, mais ne s’étend guère au delà de la circonférence des racines; la pointe externe de l'aile n’est en général pas encore ossifiée chez les nouveau-nés.