FAUX TÉMOIGNAGE TU NE DIRAS NI MENTIRAS AUCUNEMENT
Division des matières.
69. — Qu'est-ce que Dieu nous défend par le huitième commandement?
Il défend directement le faux témoignage et le mensonge. Après avoir interdit ce qui pourrait porter atteinte à la vie du prochain et à ses biens, le Décalogue complète l'énoncé de nos devoirs envers lui; il veut que nos paroles soient selon la vérité et interdit” tout ce qui pourrait nuire à la réputation du prochain. Le faux témoignage est clairement spécifié dans la défense, parce que c’est le péché qui porte une atteinte plus directe et plus coupable à la vérité et à l'honneur du prochain ; le mensonge est ensuite indiqué, parce qu'il touche de près au faux témoignage. — Mais, indirectement, le huitième commandement nous défend aussi tout ce qui contribuerait à la diffamation du prochain, c’est-à-dire à la perte de sa réputation. Nous allons parler successivement : 1° du faux témoignage; 2° du mensonge, et 3° de la diffamation et de ses différentes variétes.
$ I. — Du Faux témoignage.
Notion du faux témoignage : appréciation morale. — Conduite à tenir relativement aux dépositions en justice.
70. — Qu'est-ce que le faux témoignage et comment faut-il apprécier cette faute?
Le faux témoignage, dans un sens général, est une «affirmation fausse sur le compte du prochain, soit en
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bonne, soit en mauvaise part. Mais, dans le sens précis du mot, c’est une déposition contraire à la vérité, faite devant un juge. D'où il résulte que le faux témoignage ne peut être commis que devant la justice, après que l’on a fait le serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Saint Thomas remarqueavec raison que le faux témoignage renferme en lui seul trois péchés : 1° c’est un mensonge; 2° c'est un parjure, puisque avant de déposer on a juré de dire la vérité; 3° c'est une injustice, puisqu'il en résulte toujours un préjudice, soit pour un individu, soit pour la société. e En raison de toutes ces circonstances et à cause de
l'injure faite à Dieu, qui est la souveraine vérité et qu'on appelle en témoignage du mensonge, c'est là un péché mortel de sa nature. Aussi l'Écriture sainte énonce le faux témoignage parmi les péchés que Dieu déteste souverainement. La loi de Moïse voulait qu'on füt sans pitié
pour le faux témoin, et qu'on lui fit rendre âme pour
âme, œil pour œil, dent pour dent. (Deut., XIX, 18.) En France, le Code pénal (art. 361-5) condamne à la prison, parfois aux travaux forcés, les faux témoins.
71. — Quelle est la conduite à tenir relativement aux dépositions à faire ou faites en justice?
I. Lorsqu'on est cité en justice, il ÿ a obligation grave de comparaître et de dire la vérité. Cependant le droit naturel et le droit divin exemptent de déposer en justice :
1° Les confesseurs, à l'égard de ceux dont ils ne connaîtraient les crimes que par la confession;
90 Les parents en ligne ascendante et descendante d'un accusé et ses autres parents ou alliés au premier degré ; MES 3° Les personnes tenues au secret professionnel, telles que médecins, avocats, etc., à l'égard de leurs clients.
Il. Devant la justice, il faut dire la vérité, toute la
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vérité; qu'elle soit favorable ou défavorable à Faceicé, peu importe. 1 } IT. Aorès un faux sémbigage, c'est-à-dire s'il
‘arrivait oue l’on ait fait une déposition fausse, on est
nhligé, en conscience, de réparer, et, par conséquent, dese rétracter devant les magistrats , mème au préjuuice de sa réputation et des peines à encourir. On est
tenu aussi de réparer tout le tort fait à l'honneur, à la.
réputation et aux biens du prochain, pee suite de faux témoignage.
doutes ces mesures sont applicables également à ceux qui subornent des faux témoins et les entraînent à déroser contre la vérité.
CONCLUSION PRATIQUE
C'est un circonstance solennelle dans la vie que celle où l’on est appelé à déposer en témoignage devant la justice humaine : de notre déposition peut sortir ïe salut de l’innocent ou bien, avec la condamnalion du vrai coupable, le bien général de la société; ces considérations doivent diriger nos paroles et les maintenir dans la droiture, la franchise et la sincérité. — Rappelonsnous ciors la parole divine: « Il y a six choses que Dieu haït.…., une septième qu'il déteste, c'est le mensonge et le faux témoignage. » (Prov., vtr, 19.)
Un autre péché qui a beaucoup de rapport avee le faux témoignage, C'est ce qu'on nomme ies fuux en écriture. Fabriquer de faux actes, altérer un acte authentique ou Lien so servir de pièces falsifiées : autant de fautes graves, entraînant l'obligation de réparer tous Les torts qui en sont la suite.
$ II. — Du Mensonge. .
Diverses espèces de mensonges. — Équivoques et restrictions mentales. -—
Autres péchés : 4° hypocrisie; 2° dissimulation; 3° flatterie.
72. — Qu'est-ce que le mensonge? Appréciez le mensonge et ses différentes sortes.
Mentir, c'est, en général, parler autrement qu’ on .
ne pense avec l'intention de tromper. Mais le mensonge n’est pas seulement une parole contre la vérité,
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fait dans le but de tromper le prochain.
On distingue trois catégories de mensonges : 4° le mensonge joyeux, que l’on dit en riant, par manière de plaisanterie ; 2° le mensonge officieux, que l’on dit pour son propre avantage ou pour rendre service aux autres ; 3° le mensonge pernicieux, c'est celui qui est
- dit avec intention ou danger de nuire au prochain.
Quelle qu’en soit la nature, le mensonge est toujours mauvais, et aucune raison ne peut l’excuser. En effet, mentir, c’est abuser du langage que Dieu nous a donné pour exprimer nos pensées ; c’est faire injure à la sainteté et à la souveraine véracité de Dieu; c’est porter atteinte à la charité et aux relations de franchise et de sincérité qui doivent unir les hommes. Aussi Notre-Seigneur a dit que le mensonge est l’œuvre du
démon, père du mensonge, et l’apôtre saint Jean le ; 86) P
déclare : &« La place des menteurs est dans l'étang de soufre et de feu. » (Apoc., xx1, 8.)
Cependant il y a des différences, dans la gravité du mensonge. Le mensonge joyeux et le mensonge officieux ne sont ordinairement que véniels ; mais le mensonge pernicieux sera péché mortel s’il porte un préjudice sérieux à la charité, à la justice, à la foi ou aux bonnes mœurs.
73. — Que faut-il penser des équivoques ou des restrictions mentales ? | j
On appelle équivoques des paroles qui ont un double sens et qui prêtent à une interprétation différente de celle qu'on a dans l'esprit. Exemple : « Monsieur est;il là? » Réponse : Il n'y est pas; pour dire : « Il ne
reçoit pas. » Ou bien encore l’équivoque est une
expression évasive. Exemple : « Avez-vous fait cela?» Réponse : Pourquoi l'aurais-je fait ?
Les restrictions mentales sont des phrases incom-
plètes par elles-mêmes, fausses dans leur sens naturel
ét ordinaire, mais vraies en raison d’un sous-entendu.
DIEU | HS OAS
ce peut être également un signe ou une action que l’on
Exemple : Un pauvre demande la charité, on lui répond: « Je n'ai rien, » sous-entendu « à vous donner ».
Les équivoques et les restrictions mentales, si elles sont de nature à tromper vraiment les auditeurs, sont des mensonges réels et doivent être évitées.
Mais si, en raison des circonstances et des habitudes reçues, elles peuvent être aisément comprises, elles ne sont pas des mensonges. Toutefois il ne faut y recourir que quand il y a un motif raisonnable, comme, par exemple, pour échapper à une question indiserète, pour ne pas trahir un secret... Jamais ces expressions ne sont permises dans les conventions, ou bien en justice et surtout en confession.
74. — N'y a-t-ùl pas quelques autres péchés se rattachant au mensonge ?
Oui, quelques péchés s’y rattachent étroitement. Ce sont :
1° L’hypocrisie. C'est un mensonge en acte, qui tend à nous faire passer pour autres que nous sommes, pour moins coupables ou plus vertueux. Notre-Seigneur a flétri dans son Évangile ce vice détestable, et d’une facon si énergique et si vive, qu'on doit le considérer comme péché grave. (S. Matth., xx1 et xx.) |
2° La dissimulation. Elle consiste à cacher la vérité sous une apparence contraire. Toute vérité n'est ni bonne ni nécessaire à dire, et il est une dissimulation, d’ailleurs honnête, qui n’est pas l'hyprocrisie, et qui peut être permise et même louable, quand il s’agit, par exemple, d'éviter un scandale des faibles; mais si la dissimulation cache des choses nécessaires à exprimer ou se fait dans un but mauvais, elle est absolument défendue.
3° La flatterie. C'est une louange fausse ou exagérée décernée à quelqu'un. Elle nourrit l’orgueil, altère la vérité, favorise souvent le vice, et, à ces titres, elle est un péché grave si le but qu’on se propose est considérablement mauvais.
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CONCLUSION PRATIQUE
D: « Le mensonge est dans un hommé une tache honleuse, » a dit l'Esprit Saint, et il ajoule aussitôt : « Le voleur vaut mieux … que le menteur, mais fous les deux auront la ruine pour héri- - iage. » (Eccl., xx 26-7.) à Que dire des menteurs de profession ? C’est bien d'eux que le À même Esprit-Saint a pu dire : « Les lèvres fausses sont en abomination à l'Éternel. » (Prov., xxu1, 22.) Cepéndant qu'y a-t-il - dé plus détestable que les menivurs? « On ne les croit plus, disait Aristote, — un païen, — même lorsqu'ils disent la vérité. » + Et saint Thomas compare justement le mensonge à une fausse - monnaie que tout le monde méprise.
: dût-il procurer la gloire de Dieu et de la religion, sauver la vie d'un innocent, délivrer toutes les âmes du Purgatoire, il fau- > drait s'en abstenir, et, plutôt que d’offenser Dieu, on doit accepter pour soi-même ou pour les autres les plus grands malheurs:
$ III. — De la Diffamation.
» Diffamation : 4° calomnie ; 2 médisance ; 3 jugement téméraire ; 4° violation des secrets.