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Qu'est-ce que la Satisfaction

La Satisfaction (des mots latins satis et facere,

satisfaire) est une réparation de l’injure que nos pé-

chés ont faite à Dieu, ou du tort qu’ils ont causé au prochain. — Tout péché étant une désobéissance à Dieu , nous devons d'abord réparer nos torts vis-à-vis de lui. Mais il arrive que parfois aussi le péché cause un préjudice au prochain, soit à sa personne, soit à son honneur ou à ses biens : alors le prochain a droit aussi à une réparation. D'où il résulte que la Satisfaction a un double objet : Dieu et le prochain.

On peut aussi distinguer une double Satisfaction à un autre point de vue : l’une est Sacramentelle; l'autre vo-

lontaire.—La Satisfaction sacramentelle est celle que le

prêtre impose comme pénitence. Celle-ci fait partie du

sacrement de Pénitence,-et on ne peut s’en dispenser sans

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commettre un péché. Le péché sera mortel si la pt tence imposée était importante, donnée pour des péchés à mortels ; il sera véniel si l’omission n’a été que légère, ou oubliée sans mauvaise volonté ni négligence. %

La Satisfaction volontaire est celle que nous nous imposons à nous-mêmes comme surcroît ou comme supplément de la satisfaction sacramentelle, qui est ‘ordinairement sans proportion avec nos fautes, et ‘dès lors insuffisante.

72. — Est-on obligé de satisfaire à Dieu, et par quels actes ?

Oui, on est obligé de satisfaire à Dieu, même après que le péché est pardonné. Bien que Jésus-Christ, par ses prières, par ses souffrances et par sa mort, ait déjà satis- : fait pour nous, et quoique la peine éternelle nous soit remise par l’absolution, il est nécessairequenous payions à la justice de Dieu une peine temporelle et personnelle en cette vie ou en l’autre. Le Seigneur, autrefois, l’exigea du peuple d'Israël, après que Moïse eut obtenu le pardon des coupables; de David, après que le prophète Nathan l’eut assuré, de la part de Dieu, que son péché était pardonné. Ainsi l'Église a toujours exigé une satisfaction des pécheurs réconciliés par l’absolution sacramentelle : témoins les canons pénitenciaux, où l'on voit que des pénitencesitrès longues et très rigoureuses étaient imposées, même après le pardon. C’est pourquoi le confesseur doit prescrire une pénilence, la proportionner autant que possible aux fautes accusées, eten faireune peine médicinale, de telle sorte qu’ellesoiten même temps une expiation et un moyen de guérison. Néanmoins, à cause de la faiblesse ou de la lâcheté des chrétiens de notre époque, l'Église souvent se contente d'imposer des pénitences relativement légères et insuffisantes. Il convient donc d'y ajouter d’autres œuvres Satisfactoires. Or les principaux moyens par lesquels nous pouvons satisfaire à Dieu sont : 4° la prière, le jeûne et l'aumône ; 2° le travail et les peines

de la vie acceptées avec résignation, et 3° les indulgences dont nous parlerons bientôt.

73. — Est-il nécessaire de satisfaire au Pipenain, et comment pouvons-nous le faire ?

Oui, toutes les fois que l’on a causé au prochain quelque tort, on est tenu de le réparer : Dieu et le confesseur ne pardonnent le péché qu'à cette condition. C’est un axiome de justice et de bon sens partout admise :

« Sans réparation, point de pardon ! » Si la satisfaction :

due au prochain est impossible pour le moment, il faut avoir la volonté de la réaliser aussitôt qu'on le pourra.

Or cette satisfaction doit être conforme à la nature même du tort causé au prochain. Si c’est à sa personne que-l’on a manqué, il faut lui demander pardon; sionlui a causé un préjudice dans ses biens, il faut lui restituer le dgmmage ; si on lui a enlevé son honneur et sa réputation, il faut travailler à les lui rendre ; si c’est à son âme quel on a causé quelque préjudice par le scandale, il faut le détourner du mal par de meilleurs conseils et par de bons exemples.

CONCLUSION PRATIQUE

« Suffirait-il au soldat qu'une flèche a frappé, de retirer cette flèche de la blessure ? Non, il faut encore bander la plaie et y appliquer quelques compresses. Ainsi la confession seule ne suffit pas pour que la Pénitence soit complète, il faut encore qu'on emploie des remèdes efficaces qui puissent préserver du péché. » (Saint Jean Chrysostome.)

Or ces remèdes efficaces sont précisément la satisfaction sacramentelle et les autres pénitences volontaires que nous nous imposons pour réparer nos torts envers Dieu; ce sont aussi les moyens réparateurs que nous employons pour satisfaire au prochain, dans sa personne, dans ses biens ou dans son honneur. Ce sont, enfin, les épreuves que Dieu nous envoie.

« Seigneur, mon Dieu, disait saint Augustin, ne m'épargnez pas : coupez, retranchez en cette tien pourvu que vous m'épargniez en l’autre ! »

C'était aussi la pensée de l'empereur Théodose, acceptant de saint Ambroise une longue pénitence publique pour le massacre de Thessalonique. Comme ces grands chrétiens, n'avons-nous pas des fautes à expier ?

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