A qui et pour qui offre-t-on le sacrifice de la Messe
[. On n'offre ie sacrifice de la Messe qu'à Dieu seul. En effet, le sacrifice est l'acte d'adoration par excellence: il en résulte qu'il ne s'adresse qu'à Dieu.
‘Par conséquent, on n'offre pas le saint Sacrifice à la
sainte Vierge, aux Anges et aux Saints : mais on peut l'offrir à Dieu en leur honneur; c'est-à-dire qu'il est très légitime de faire intervenir la sainte Vierge, les Anges et les Saints dans les prières du sacrifice. C’est la conséquence de ce que nous avons dit en parlant de leur culte. La Messe peut donc être dite en leur honneur pour remercier Dieu des grâces qu'il leur a faites, et pour obtenir par leur intercession les faveurs que nous sollicitons auprès de Dieu.
IL. D’après le but même de son institution.et conformément à l'enseignement du concile de Trente, le sacrifice de la Messe est offert pour les vivants et pour les morts. 1° On l'offre pour les vivants : pour les justes, afin qu'ils persévèrent; pour les pécheurs, afin qu’ils se convertissent; pour les hérétiques et les schismatiques, afin qu'ils reviennent à l'unité catholique ; pour les Juifs euxmêmes et les infidèles, afin que Dieu leur fasse connaître et embrasser la vraie religion. 2° On l'offre pour les morts : car le saint ne de la Messe à une vertu expiatoire qui peut lear être d'un grand secours au delà de ce monde. Toutefois on ne l'offre pas pour les Saints, car ils n’ont plus besoin de grâces; on ne l’offrirait pas, non plus, pour les damnés, incapables d’en recueillir les fruits. Mais qui peut êtresüûr dela damnation d'une âme ?..
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Il est donc permis et salutaire de faire offrir le sacrifice de la Messe pour les défunts: s'ils sont en Purgatoire, ils en recevront un précieux soulagement ; et dans le cas où ils ne profiteraient pas de ce secours, Dieu l’appliquerait à d’autres âmes selon sa sagesse et sa miséricorde.
Le sacrifice de la Messe étant le même que celui de la Croix, une excellente méthode pour bien y assister est de suivre, en pensée, le détail de la Passion du Sauveur, le considérant successivement au jardin des Oliviers, aux tribunaux d'Anne et de Caïphe, de Pilate et d'Hérode, sur la Croix et au tombeau. On s'efforce d’exciter en soi les sentiments que l’on aurait eus en assistant au drame de la Passion.
Üne autre méthode, excellente aussi, est de s'occuper des quatre fins du Sacrifice. Depuis le commencement jusqu'à l'Evangile, on s'acquitte du devoir dé l’adoration; de l'Évangile à l'Élévation, on accomplit celui de l'expiation ; de l'Élévation à la Communion, on offre à Dieu son Fils Jésus-Christ en action de grâces; et enfin, depuis la Communion jusqu'au dernier Évangile, on adresse à Dieu la demande des grâces nécessaires.
Un moyen facile et. fructueux de bien assister à la Messe, c'est de suivre les prières liturgiques que le prêtre récite à l'autel : nous ne saurions mieux faire que la sainte Eglise, et c'est entrer dans sa pensée que de suivre avec l’attention de l'esprit et la dévotion du cœur les formules de sa propre prière.
M 8 III. — Necessité et Effets du sacrement de l'Eucharistie.
La Communion. — Obligation de communier. — Communion sous les deux espèces. — Effets de la sainte Communion.
S9. — Qu'est-ce que la Communion ?
. La Communion, c’est la réception dela divine Eucha-
ristie, c’est-à-dire du corps et du sang de Jésus-Christ sous les espèces sacramentelles. Cet acte s'appelle Communion (union commune), parce qu'il nous unit avec Jésus-Christ de la façon la plus intime et la plus étroite. Peut-on, en effet, concevoir une union plus réelle et plus complète que celle qui résulte de l'assimilation de la nourriture que nous prenons à notre propre sub-
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stance ? Or, dans la sainte ondes nous mangeons
la chair et nous buvons le sang de Notre-Seigneur, et cette divine nourriture passe en notre substance, où plutôt, comme c’est elle qui est plus noble, elle nous élève jusqu'à elle et nous fait participants de la nature divine. Car l'Eucharistie que nous recevons, c'est vraiment le
corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le même qui
est né de la Vierge Marie, qui a été attaché à la Croix, et qui maintenant est dans un état ressuscité, glorieux, caché à nos sens, mais présent à notre foi.