Qu'est-ce que la Liturgie
La liturgie (du grec Aéirov, public, Eeyov, ouvrage) est l’ensemble des cérémonies et des prières qui constituent le service divin.
A l’origine du christianisme, les règles du culte nouveau ne furent pas immédiatement fixées et écrites. Notre-Seigneur en instituant la sainte Eucharistie avait accompli certains rites ou cérémonies que les Apôtres conservèrent avec soin. Ceux-ci, à leur tour, empruntèrent aux traditions religieuses des Juifs et des autres
euples quelques usages qu’ils adaptèrent au culte chrétien ; et ils transmirent de vive voix, aux Evêques qu'ils ordonnaient, les règles à pratiquer dans l'offrande du saint sacrifice et dans les cérémonies saintes : peu à peu il se forma, principalement pour la célébration des saints mystères, un code ou règlement qu'on nomme aujourd’hui la liturgie.
G. — N'y a-t-il pas dans l'Église catholique diverses liturgies ?
Oui, dans l'Eglise catholique on distingue en effet des liturgies diverses. Nous ne connaissons, des trois premiers siècles, aucun document officiel exposant les rites et règles liturgiques.
Pendant ces trois siècles de persécution et de diffusion de l'Église, la liturgie, uniforme quant au fond, se trouva quelque peu modifiée dans ses formes accessoires, que l'on avait assorties aux besoins et aux mœurs des peuples convertis. De là sont nées deux
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classes de liturgies, les unes propres à l'Église orien-
tale, les autres particulières à l'Église occcidentale. Les principales lilurgies de l'Æglise Ôrientale sont : 4° La liturgie de saint Jacques ou de Jérusalem, qui a pour origine la liturgie établie dès le temps des Apôtres et l'usage de Jérusalem, qui se développa peu à peu et qui parait avoir été fixée dans le cours du 1v° siècle, vers l’époque de saint Cyrille de Jérusalem. Elle a donné lieu à la liturgie maronite, encore aujourd'hui conservée chez les chrétiens du Liban, où l'Office divin se fait en langue syriaque.
2 La liturgie d'Alexandrie, développement de
celle établie par saint Marc, disciple de saint Pierre, et à laquelle collabora au v° siècle saint Cyrille, évêque d'Alexandrie. |
3° Les Grecs soumis au patriarchat catholique de Constantinople se servent de deux liturgies, celle de saint Basile et celle de saint Jean Chrysostome, que l'on attribue à ces deux grands évêques du iv° siècle.
4 Enfin, dans l’Église orientale on compte encore différentes liturgies importantes : celles des Arméniens (Constantinople), des Helchites (Antioche), des Syriens (Antioche), des Chaldéens (Babylone), des
Bulgares-Unis (langue slave, maintenue en 1865).
Toutes ces diverses formes liturgiques ont été approuxées par l'Eglise romaine.
Les principales liturgies de l’Église occidentate sont :
1° La liturgie romaine, développement de celle célébrée par saint Pierre etses successeurs, et qui se présente dans l’histoire sous des formes graduelles portant les noms des papes Gélase, saint Léon et saint Grégoire le Grand (590-664).
. 2 La iturgie ambrosienne, encore en u‘age à
Milan, qui porte le nom de saint Ambroise, évêque
. de-cette ville, et qui diffère actuellement de celle de . Rome moins qu’à ses origines.
3° [1 y eut autrefois, dans une partie considérable
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| DE LA LITURGIE 441 de l'Occident (France, péninsule ibérique, Angleterre et Irlande), une liturgie dite gallicane. Son origine ne peut être précisée aisément. Elle présente en plu-
- sieurs parties des caractères de liturgie orientale, et
manquait d’uniformité, em dépit d’incontestables efforts essayés pour l'obtenir.
En Angleterre elle fut combattue par saint Augustin de Cantorbéry et ses disciples, qui apportèrent avec eux, en 597; la liturgie romaine. En France elle fut supprimée par un décret de Pépin le Bref (avant 768), mais, en fait, plusieurs de ses usages furent combinés avec ceux de la liturgie romaine qui prenait sa place.
Mais, d’une partle pouvoir de chaque Évêque quant
‘à la liturgie de son diocèse n'ayant pas été restreint,
l'uniformité liturgique n'existait que dans les parties principales de l'Office divin, la Messe ne présentant que des variantes sans importance et sans danger. Avec le temps, sous les efforts de diverses erreurs ou hérésies en même temps que par l'effet de négligences dues aux époques malheureuses que l'on venait de traverser, on éprouva et le danger d'une trop grande indépendance ‘et celui des changements suspects quant à la doctrine. Le Concile de Trente (1545-1563) résolut de ramener l’unité. En conséquence, le pape saint Pie V (1568-4570) supprima tous les Bréviaires et Missels qui n’avaient pas deux centsans d'existence. Au xvi° siècle.et au xvitr*, des innovations ou retouches interdites ayant été faites à divers bréviaires et missels dans plusieurs diocèses, une réforme générale eut lieu depuis 1850, et la liturgie romaine de saint Pie Vet de ses successeurs est de nouveau seule pratiquée. La similitude du nom ne doit pas toutefois faire confondre ce qu’on nomme liturgie gallicane des derniers siècles avec celle qui régnait avant le décre de Pépin le Bref.
& Enfin, en Espagne, la cathédrale et les principales églises de Tolède ont la AU mozarabe,
qui est une forme de l’ancienne liturgie gallicane. On appela mozarabes les chrétiens d'Espagne qui, après la conquête de ce royaume par les Maures, vécurent mêlés aux Arabes. Leur liturgie fut usitée en - Espagne jusque vers la fin du xr° siècle, où la liturgie romaine prévalut. Toutefois, avec l’autorisation du pape Jules IL, le cardinal Ximénès, au xvi° siècle, recueillit les reste de l’ancienne liturgie et obtint de les conserver à Tolède.
TZ. — Quelle est la langue liturgique dé loue l'Église occidentale ?
Bien que l’on parlât grec ass bien que latin, à Rome, aux tout premiers siècles de l'ère chrétienne, à partir du mr° siècle, le latin peu à peu l’emporta et régna seul en Italie, ‘Afrique, et dans les autres pays sous la domination romaine. Dès lors, le latin fut conservé comme langue liturgique et demeura tel au milicu des variations Subies par les idiomes des anciens peuples.
L'Eglise, en cela, a un double but, c’est : 1° de maintenir, autant que possible, avec l'unité de langue, un lien de communication entre tous les peuples chrétiens, et de procurer par là l'intégrité du.dogmeé et du culte, que des traductions variées à l'infini finiraient par altérer; et 2, en fixant la liturgie dans une langue morte aujourd'hui, de la préserver de toutes les variations qu'imposent nécessairement les langues vivantes, qui se modifient rapidement et demanderaient, à chaque siècle; de nouvelles réformes dans la liturgie.
L'emploi de la langue latine dans l'office divin n'est pas un embarras pour les fidèles, car l'Église met entre leurs mains des traductions qui permettent à ceux qui ignorent cette langue de suivre, dans l'idiome vulgaire, les prières de la sainte liturgie.
8. — Quels sont les principaux livres liturgiques de l'Église?
Les principaux livres liturgiques, renfermant les
formules de la prière de l'Église et du culte public, sont:
1° Le bréviaire : c’est le livre qui contient tout l’office divin que les prêtres et les religieux récitent ou chantent chaque jour au nom du peuple chrétien. Il contient, dans un ordre ou un arrangement particulier, adapté à chaque époque ét à chaque fête de l’année chrétienne, des psaumes, des hy yrnnes, des lectures dÉcrituve. sainte, des récits de la vie des saints, des homélies des docteurs sur l'Évangile, le tout entremélé de versets, de répons, d'antiennes et de diverses prières. Le nom de bréviaire fat donné pour la première fois à ce recueil quand on fit, vers la fin du xi° siècle, des abrégés, spécialement en ce qui concerne les leçons, des livres usités à l'office du chœur.
Le bréviaire actuel a été retouché sous le pontificat'et par les orüres de Pie X.
20 Le missel : c'est le livre qui contient les prières du saint sacrifice de la Messe, à l'usage du prêtre qui la célèbre. Lie missel actuel est celui quia été revisé après le concile de Trente et approuvé par saint Pie V.
3° Le rituel : c'est le livre qui contient la forme de l'administration des Sacrements et de plusieurs autres fonctions ecclésiastiques, comme les bénédictions diverses, l’ordre des funérailles, des processions, etc... Letrituel romain, tel qu’il est aujourd'hui en usage, a été publié par le pape Paul V en 1614.
% Le pontifical : c'est le livre qui contient l'ordre de toutes les fonctions propres aux Évèques, comme la consécration des saintes huiles, celle des églises, des autels, des vases sacrés, l'administration des sacrements de Confirmation et d'Ordre, etc.
5° Le cérémonial des Évêques : on nomme ainsi le livre qui contient les cérémonies propres aux églises cathédrales et collégiales. Publié par Clément VIIT, cor-
rigé par Innocent x: ce livre doit sa rédaction actuelle
à Benoit XIV (4740). Il existe pour les églises paroissiales un manuel plus élémentaire appelé \cérémbnial,
6° Enfin le martyrologe : c'était primitivement le
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livre où l’on inscrivait les noms des martyrs; depuis on y a ajouté, pour chaque jour, les noms des autres saints dont on célèbre la fête.
‘Tous les livres dont nous venons de parler sont spécialement à l'usage du ciergé. Mais on a publié, pour l'usage des fidèles, des livres qui en renferment des extraits : ce sont les Æucologes, livres d'heures ou paroissiens, qui contiennent les principaux offices. Ils doivent être conformes au missel et au bréviaire, et porter l'approbation d’un évêque. On a également composé, à l’usage des chantres, des livres d’offices avec le chant noté; ce sont : le graduel pour la Messe, et l'antiphonaire pour les offices du soir.
CONCLUSION PRATIQUE
Au milieu de diversités accidentelles et purement accessoires, quel beau et magnifique spectacle présentent les nombreuses Eglises établies sur la surface de notre globe ! Dans des régions. dont la langue et les habitudes sont absolument différentes, tous
rient de la même manière. Où trouver une manifestation plus sensible et plus éclatante de l'unité catholique ? Même foi, et aussi même prière !
N'est-ce pas aussi une bien douce consolation pour le chrétien arraché par les accidents de la vie au pays qui l'a vu naître et transporté sous un nouveau cie:, de retrouver es mêmes prières, les mêmes cérémonies, les mêmes offices dans le culte public?
O Jésus, soyez béni de nous avoir apporté un culte unique dans la vérité! O sainte Église, soyez remerciée de maintenir ainsi l'harmonie dans la foi et dans l’adoration ! Désormais je voudrai m'associer mieux encore à tous iles chrétiens mes frères et prier en union avec toute l’Église dans chacune des Cérémounies auxquelles j'assisterai.
& II. — Des Églises.
Notion des églises. — Anciennes hasiliques romaines : leur transformation. — Bénédiction et consécration des églises. — Profanation et exécration des églises. — Les cloches et leur baptème. — Mission des cloches.