Quels sont, en dehors de la Messe, le
principaux Offices de l'Église?
La Messe a toujours occupé le premier rang dans les prières publiques de l'Église, mais, dès le temps des Apôtres, les fidèles se réunissaient encore à certaines heures pour prier ensemble. Cet usage existait déjà chez les Juifs et ne pouvait manquer d'être recueilli et prati-
+ qué par l'Église chrétienne. De là l'origine de l'Office
divin partagé en différentes heures.
* Les premiers chrétiens se souvinreni que certaines heures du jour et de la nuit avaient été particulièrement consacrées par les souffrances et la passion de Jésus- Christ. Il avait passé entre les mains de ses ennemis la nuit du Jeudi au Vendredi saint, avait subi un jugement dès l’aurore, avait été condamné vers neuf heures et crucifié à midi ; il était mort à trois heures et avait recu la sépulture vers la nuit. Ces moments devinrent chers à la mémoire des chrétiens, et on les sanctifia par des prières publiques. De là sont venues les sept parties de l'Office divin ou canonial.
office de nuit comprend les Matines, divisées en trois Nocturnes. et les Laudes. qui se disent vers l’au-
.rore. -
L'office de jour comprend quatre petites Heures : Prime, qui se dit vers six heures du matin ; Tierce, vers neuf heures ; Sexte, qui révond à midi; et None, à trois heures du soir.
Vers la nuit, les Vépres correspondent au sacrifice que
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les Juifs offraient chaque jour dans le ne et un peu plus tard les Complies. achèvent, l'Office de la journée.
38. — De quelles prières se composent les différents Offices ?
Il n° y eut, dans les commencements, aucune forme déterminée pour ces divers Offices : les pasteursréglaient tout selon leur sagesse et leur dévotion. Plus tard, les averses pièces furent fixées par l'usage ou par les déci- , sions des évêques et des souverains Pontifes. Le Pape saint Léon, au v° siècle, el saint Grégoire le Grand.
à la fin du v°, eur:nt-une grande part dans là règle-
ment de l'Office divin.
Les Matines: se composent d'un invilatoire, suivi d'une hymne, et de {rois nocturnes. Le premier nocturne correspond à.neuf heures du soir, le second.à minuit, et le troisième à trois heures du matin. — Chacun de ces nocturnes comprend trois psaumes, entremèêlés
d’antiennes, suivis chacun de trois lecons:Ceslecons, au
premier nocturne, sont tirées de: l'Écriture sainte ; au deuxième nocturne elles sont une légende de la vie au Saint dont on célèbre la fête, ou un récit du mystère qu’on honore; au troisième nôctur ne, ce sont des pe lies ou explications def Évangile, extraites des.écrits de Pères de l'Église. Les matines se terminent: par le Le Deum, cantique d'action de grâces, longtemps attribué à Soins Ambroise et à saint Augustin...
Les Laudes sont la dernière partie de l'Office de nuit; elles se chantent ou se récitent au point du jour: Ainsi que le mot l'indique, ce sont des louanges adressées à Dieu. Après le Deus in adjutorium, ls laudes. comprennent : trois psaumes, un Cantique et:uw autre psaume de louange, — le tout entremêlé d’antiennes en rapport avec la solennité, — le Capitule-et' une Hymne, et enfin le cantique Benedictws, précédé.et suivi de l’antienne propre, ainsique d’une oraise»n particulière à chaque fête. On termine. par le Benedicamus Domino, auquel on répond : Deo gralias:
Les heures du jour, avons-nous dit, comprennent
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U d'abord ce qu'un appelle les petites heures, ainsinommées parce que les prières qui composent chacune d'elles sont de peu d'étendue.
L'heure de Prime est destinée à offrir à Dieu les prémices de la journée. Le Deus in adjutorium, une hymne et.des psaumes auxquels on ajoute, dans l'office du dimanche, le Symbole de saint Athanase, composent cette petite heure,que complètent un capitule,des versets et une oraison. On lit ensuite le martyrologe, c'est-à-dire l'énumération des, Saints dont on célèbre la fête ce jour-là dans l'Église; puis on y ajoute une invocation à Marie et aux Saints, et des oraisons dans lesquelles on appelle la bénédiction divine sur toutes les pensées, paroles et actions de la journée.
Les heures de Tierce, Sexte et None se composent pareillement du Deus in adjutorium, d'une hymne, et de trois psaumes, suivis du capitule, des versets ei de l'oraison du jour.
Dans la pensée ‘de l'Église, Prime rappelle Jésus en butte aux outrages dans le prétoire; Tiexce est consacrée au souvenir de son jugement au tribunal de Pilate, Sexte répond au crucifiement, et Mone à ia descente de la croix.
Les autres heures du jour, Vépres et Complies, constituent les Offices mieux connus dés fidèles et que nous aurons à expliquer dans la leçon suivante!.
39. — Les fidèles sont-ils tenus d'assister à toutes les parties de l'Office divin?
Non, les Offices dont nous venons de parler ne sont de précepte que pour les ministres sacrés, ét pour les religieux et religieuses qui ont fait profession dans un ordre où ces Offices sont obligatoires. — Les prêtres séculiers, c’est-à-dire qui remplissent dans le monde le ministère paroissial ou quelque autre emploi, récitent
4 En vertu de la bulle de Pie X Divina afflatu (1911) le Psautier a été partagé, pour les différentes heures, entre les sept jours de la semaine.
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én particulier le tin ou “office An Seuis 1 chanoines des églises cathédrales ou collégiales sont tenus de réciter au chœur l'Office divin, en entier ou en partie, selon leurs constitutions. — Quant au clergé régulier et aux ordres religièux, généralémentila récitation ou le chant de tout l'Office divin, au chœur, fait partie de leur règle.
Pour ce qui est des simples fidèles, ils ne furent ja mais astreints à l'assistance à ces divers Offices; mais leur dévotion les conduisait fréquemment ? à ces prières publiques, principalement le dimanche et les jours de fêtes.
‘De nos jours les Vêpres et les Complies de chaque dimanche, et les Matines de Noël, des trois derniers jours de la Semaine sainte, et de la Commémoration
des morts sont à peu près les seuls Offices qu'ils con-,
paissent et fréquentent.
CONCLUSION PRATIQUE
N'est-il pas admrable et consolant de penser que, grâce à l'institution de l'Office divin, la prière et ia louange sont incessantes dans l’Église catholique ? À chaque heure du jour et de la nuit, en quelque endroit du monde chrétien, des: voix pures font monter vers Dieu, en.faveur de ceux qui travaillent, qui
‘reposent.el qui oublient, le cri de la LED AN et l'hommage de
la reconnaissance. Qu: on ne dise pas : À quoi servent les prêtres, dont la vie semble parfois inoccupée ? Que font ces moines et ces religieuses dans: leurs cloîtres ? — Ils: prient pour ceux qui ne prient pas; ils se dévouent pour ceux qui oublient Dieu et qui l’outragent..
Quelle douceur et quelle majesté, quelle leçon et quel profit dans cette prière perpétuelle ! N'est-ce point, avec le saint sacrifice de la Messe, ce qui empêche le monde coupable de s’abîmer dans les ruines? Soyons heureux, quand nous le pouvons, de nous associer à celte puissante et universelle prière; en assistant aux divers Offices de l'Église.
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8 II. — Des Vépres et des Complies.
Notion des Vêpres. — Prières qui les constituent. — Notion des Complies,
— Prières dont elles sont composées. — Les Antiennes à la sainte 1 Vierge. AE " ‘ TRE | : | hi
: 7 : 4 %Q. — Qu'est-ce que les Vêpres? 6
Les Vépres sont un Office du soir, quise célébrait pri- de mitivement versla fin du jour (ad vesperas), mais dont
l'heure a été, depuis, avancée. Les Vêépres néanmoins ! 3 sont demeurées un Office de l'après-midi, excepté en carême où elles se disent avant midi, en souvenir de : : 0 l'ancienne coutume dene-prendre le repas des jours de #1 jeûne qu'après les Vépres et vers le coucher du soleil. AC
L'usage des Vêpres.est très ancien dans l'Église: il est Re attribué aux Apôtres. Et d'abord, chaque jour, un sacri- {5
fice était offert dans le temple de Jérusalem vers le soir, et:ce moment était déjà marqué pour la prière. Puis; dans le christianisme, cette même heure a été'celle de pe l'institution de là divine Eueharistie, de la descente dé croix et de la sépulture de Notre-Seigneur. Aussi les premiers chrétien s'aimaïent-il$ à se réunir; soit dans le | temple, soit dans des maisons particulières pour prier és à cette heure mystérieuse. C’est encore la pratique des. on vrais fidèles d'assister aux Vêpres, au moins les'jours de dimanches et de fêtes.
%A4. — De quoi se composent les Vêpres?
I. Les Vépres commencent par la récitation à voix Fe basse d'un Pater et d'un Ave; puis le célébrant entonne: | Deus, in adjutorium.…. en faisant le signe de la Croix.
C'est un appel à Dieu et à son secours, pour obtenir que À cet exercice religieux soit accompli avec dévotion et à profit ; on le terimine par le Gloria Patri.…. F5
Il. Cinq psaumes, entremélés d’antiennes, qui varient de
selon les fêtes, et que l'on répète, avant et après, quand l'Office du jour atteint le degré de solennité que l’on appelle double, composent habituellement la première partie des Vêpres. ‘
Le Psautier de David contient cent cinquante psaumes, dans lesquels l'Église choisit ceux qui conviennent le mieux aux solennités qu'elle célèbre. Les psaumes ordinaires du dimanche sont :
10 Dixit Dominus.…., qui s'applique à Jésus-Christ, et rappelle son sacerdoce, ses souffrances, sa gloire;
29 Confiteor., dans lequel on rappelle les ec ile que Dieu avait opérées en faveur de son peuple;
3° Beatus vir..., c’est une description simple et touchante du bonheur du juste;
4° Laudate, pueri..:, c’est une exhortation à louer le Seigneur, au souvenir de ses grandeurs, de sa puissance et de ses bontés ;
5° Enfin, ln exitu Israël, qui rappelle la sortie d’ Égypte, le passage de la mer Rouge et du Jourdain. L'Église applique les paroles de ce chant à à la délivrance du péché par la médiation de Jésus-Christ. Souvent ce psaume'est remplacé par un autre plus court : Laudate Dominum, qui est une invitation à tous les peuples de bénir le Seigneur.
Chaque psaumé se termine par la doxologie : Gloria Patri.
IT. Après les psaumes, on chante le Capitule, citation très courte empruntée à la sainte Écriture, et l'Hymne qui convient à l'Office du jour. — Les hymnes sont des cantiques en strophes lyriques ou.vers cadencés qui permettent de les mettre en chants rythmés : elles respirent généralement la piété et l’enthousiame. L'hymne est suivie d’un verset et d’un répons.
IV. Une antienne particulière prépare au chant du Magnificat, qui est un des trois cantiques rapportés dans l'Évangile. Il fut composé par la sainte Vierge, en réponse à la salutation d'Élisabeth. La Vierge Marie, laissant parler son cœur, y exprime ses sentiments
d'humilité et de reconnaissance envers Dieu; elle Y prophétise sa gloire à travers tous les siècles et en rapporte tout l'honneur au Seigneur tout-puissant.
On se tient debout pendant le Magnificat; et aux Vépres solennelles le célébrânt, pendant ce chant, monte à l’autel, bénit l'encens, encense la croix, l’autel et les reliques; de r°tour à sa place, il est à son tour encensé par le thuriféraire, ainsi que les autres ministres sacrés, dans l’ordre de leur dignité : c'est un hommage rendu à Dieu et à ses ministres.
V. L’antienne du Magnificat étant répétée, le célébrant chante Dominus vobiscum, et une oraison qui est la collecte de la Messe du même Office. On chante ensuite Benedicamus Domino... Puis on termine les Vêpres par une courte prière pour les morts : Fidelium animæ.…. Généralement aux Vêpres, après l’antienne et l'oraison de la fête, on fait mémoire de l'Office du lendemain, ainsi que du Dimanche et des autres fêtes occurrentes : aux simples dimanches, on ajoute aussi une antienne, un verset et une oraison en l'honneur
de la sainte Vierge et de tous les Saints.