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Qu'est-ce que les Complies? N

Les Complies (du latin completorium, complément), sont un Office de la fin du jour. Elles n’ont pas toujours été en usage dans l'Église. On en attribue l'origine à saint Benoît, fondateur de la vie cénobitique en occident, mort vers 543. Il ordonna que ses moines se réuniraient le soir pour éntendre uñe lecture tirée des livres saints, et réciter quelques psaumes avant de prendre leur repos, et pour appeler la bénédiction de Dieu sur le sommeil et sur la nuit; car le démon ne dort pas; mais en réalité l'institution est plus ancienne et se peut constaler avant 380.

Au xrve siècle seulement l'usage des Complies passa des monastères dans l'Église universelle ; aujourd'hui cette prière fait partie de l'Office divin ou canonial, et dans beaucoup de paroisses la coutume est demeurée &e joindre les Complies au chant des Vêpres.

a, \ AS éd: | EMTELN à Nue Ver 7, Ml 488 © QUATRIÈME PARTIE 43. — De quoi se composent les Complies ?

T. Un Lecteur ou clerc chantre commence par demander la bénédiction du célébrant. Celui-ci la donne, en souhaitant une heureuse nuit, et une bonne et parfaite

mort. — Puis le lecteur chante un court passage d’une

épître de saint Pierre où l'apôtre recommande, contre le démon qui rôde autour de nous, la sobriété et la vigilance. Après quoi le célébrant invoque le secours du Seigneur, et l’on récite à voix basse le Pater noster.

II. Vient ensuite la Confession générale des péchés, comme à la Messe : elle est faite successivemen par le souhaitant et par le peuple, afin d'appeler le pardon divin sur les fautes de la journée. — Tout cela forme en quelque sorte le préambule des Complies ; le célébrant le termine par l’invocation : Converte nos. Cest une demande de conversion pour tous.

HI. Le Deus in adjutorium commence le chant des psaumes, comme dans toutes les autres heures. — Les £omplies du Dimanche et des Fêtes! principales ren-

ferment trois psaumes qui sont toujours les mêmes :

1° Cum invocarem..…., dans lequel David persécuté se recommande à la protection Üu Sergneur;

2 Qui habitat. Ge psarm:.contient un remerciement de David au Seigneur après qu'il eut échappé aux dangers qui l’environnaient. L'Église en applique les paroles aux pièges que le démon nous tend pendant la nuit aussi bien-quespendantde jour, et elle nous inspire confiance en la pratectron de Dieu.et de ses anges ;

3 Ecce nunc benedicite Dominum..… Ce psaume était chanté par les Lévites quand ils entraient dans le temple de Jérusalem pour y veiller : c'est une invitation à bénir Dieu pendant la nuit.

IV. Après les psaumes, on-chante une hymne très courte implorant le secours divin contre les périls de la nuit. Elle est suivie d’un capitule, puis des versets

4 Aux autres offices, les psaumes des Complies sont différents.

SAUT CERN Peur APN CR ARE MR NC Fa

| DES OFFICES DE L'ÉGLISE 489 et répons : Zn manus tuas..., prières touchantes dans lesquelles le chrétien remet son âme entre les mains de Dieu, avant le sommeil, comme il le ferait au moment de la mort, dont le.sommeil est l’image.

V. Enfin, le chant du Nunc dimittis, composé par le vieillard Siméon après qu'il eutsalué dans l'enfant Jésus le Messie promis au monde, exprime le vœu du chrétien : appelant, pour l'heure de sa mort, la bienheureuse vision

- de Dieu. Et l’on termine par l’oraison : Visita, quæsu-

mus..,prière dans-laquelle on demande que les anges de Dieu protègent, pendant la nuit, les demeures et les âmes des fidèles contre les pièges du démon. Après quoi le célébrant prononce une formule de bénédiction.

44. — Faites connaître les Antiennes à la sainte Vierge, qui se chantent après les Vêpres ou les Complies ‘ «Depuis le xr° siècle environ, l'usage existe d'ajouter aux Complies ou bien aux Vépres, quand les Complies sont supprimées, une Antienne à la sainte Wierge, suivie d’un verset ét d’une oraison.-— Cette antienne “varie suivant le temps\de l’année : -

Dans l'Avent, c'est l'Alma, attribué à Hermanus Contractus, moiné bénédictin qui wivait au milieu du x1° siècle. C’est un appel à:la Vierge mère.en faveur du peuple chrétien. — «Depuis la Purification jusqu'à Pâques, c’est l'Averregina, chant de louange à l'adresse de’eelle qui nous a donné Jésus.-— De Pâques à la Tri- -nité, c'est le Regina cœli, cantique de réjouissance en l'honneur. de la Résurrection. On ne connaît point les

auteurs de ces-deuxantiennes..— Enfin, de la Trinité

à l'Avent, c'est le Salve regina, invocation pleine Æ’onction ét de confiance de la part des chrétiens exilés dans la vallée des larmes. On en attribue la compesition à Adhémar de Monteil, qui, devenu évêque du Puy, prit en 4095 la croix des mains du pape Urbain I, au concile de Clermont;etcomposaleSalue pour êtrechanté parleseroisés, qu'ilaccompagnait en.qualitéde légat; mais il paraît bien être d'un demi-siècle plus ancien.

CONCLUSION PRATIQUE

Nulle part l'Église n'a formulé un précepte de l'assistance aux Vépres et Complies, même des Dimanches et Fêtes. Mais elle recommande ce moyen de sanctifier les jours du Seigneur. Serail-

-ce absolument et complètement sanctifier les Dimanches et les Fêtes que de se contenter d'assister à une Messe le malin ?... Or, le meilleur moyen d'honorer Dieu, c’est de s’unir aux chréliens qui se rassemblent pour prier et chanter ses louanges avec les accents inspirés de David et les formules que nous ont léguées la Tradition et la piélé de nos pères.

C'est donc la pratique des vrais fidèles d’assister-aux Vêpres, et l'on n’excuserait pas de négligence ceux qui, sans empêchement ou sans motif raisonnable, s'en dispensent aisément. Toutefois, l'obligation des Vêpres n'étant pas formulée, on convient que des raisons moins graves que pour la Messe exemptent de celte assistance sans qu'il y ait de péché.

& III. — Des Saluts du saint Sacrement.

Notion des Saluts. — Chants et cérémonies. — Origine et but de la Bénédiction du saint Sacrement.

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