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Que devient l'âme après le Jugement parhiculier

Notre âme, après le Jugement particulier et en atten- : dant le Jugement gépéral, va au Ciel, au Purgatoiré ou à l'Enfer, selon qu'elle l’a mérité.

L'arrêt de la justice divine s'exécute à l'instant même où il est prononcé : l'âme, entièrement pure, entre sur-le-champ dans les joies ineffables du Ciel ; les peines temporelles du Purgädtoire commencent immédiatement pour les âmes justes qui ont cependant encore à expier; et l'Enfer éternel reçoit les âmes souillées par le péché mortel.

Quelques anciens Pères avaient pensé que les récompenses étaient ajournées jusqu'après la résurrection générale : ce sentiment, a été réprouvé par le concile de Lyon (1274); et celui de Florence (1443) déclare que les âmes justes sont immédiatement reçues dans le Ciel, et que les âmes des damnés descendent aussitôt dans l'Enfer.

Remarquons que, pour jouir ou expier, l’âme n'a pas besoin de la présence du corps. Ici-bas, elle a des joies: et des souffrances distinctes de celles du corps, et Dieu,

par sa puissance, en attendant la résurrection, lui fait déjà partager la félicité des anges ou le supplice des démons qui n’ont point de corps. Ceci n'empêche pas les damnés de souffrir, dans leur âme, une douleur analogue à celle que nous éprouvons quand notre corps est mis en contact avec le feu.

CONCLUSION PRATIQUE

« Souvenez-vous de vos fins dernières, a dit l'Esprit-Saint, et vous ne pécherez jamais. » — Si nous réfléchissons, en effet, que la mort à chaque instant peut nous surprendre, comme elle en a surpris tant d'autres, qu'elle nous fixera pour toujours dans l'état de justice ou de réprobation où elle nous aura trouvés, et qu'enfin elle est suivie immédiatement du Jugement

-où se prononcera notre sort éternel, voudrons-nous offenser Dieu mortellement? Voudrons-nous braver les périls de la mort en état de péché? Voudrons-nous affronter sans effroi les Jugements du Dieu vivant?

O mort, que tu es une bonne conseillère !.. O jugement, que ton souvenir est salutaire [:. Oui, je. penserai à la mort pour m'y préparer, au Jugement pour le craindre, à l'Enfer pour l'éviter, au Ciel pour le mériter.

$ II. — De la résurrection des corps.

Dogme de la résurrection. — Qualités des corps glorieux : 4° impassihbilité; 2° clarté; 3 agilité; 4° subtilité. — Les corps des damnés.

88. — Exposez le dogme catholique de la résurrection des corps.

Le corps et l’âme, après la mort, ne séront pas éternellement séparés. Un jour, par sa puissance, Dieu les réunira alors, le corps reprendra sa vie : c’est ce qu'on nomme la résurrection de la chair.

C’est là un dogme catholique, renfermé dans nos différents Symboles, clairement proclamés par le quatrième concile de Latran (1215), et qui trouve son fondement, non pas, il est vrai, dans la raison humaine, mais bien dans la révélation.

Cette vérité, en effet, la raison humaine toute seule ne saurait ni la découvrir ni la démontrer. Elle trouve,

Re Ci SPRME C ITS " Ne *- DU SYMBOLE DES APOTRES 107 il est vrai, très juste et très convenable que le corps, qui à sa part dans nos bonnes et nos mauvaises actions, ait aussi sa part dans les récompenses ou dans les châtiments que notre âme aura mérités : mais là s'arrêtent les enseignements de la raison ; et si des peuples Comme les Juifs et les Perses, des philosophes comme Platon, ont cru à la résurrection future, cette notion leur est venue d'une révélation primitive.

Le dogme de la résurrection des Corps était déjà dans” les traditions juives, mais c’est surtout à Jésus-Christ que nous en devons la révélation précise : « En vérité, en vérité, je vous, le dis : l'heure vient où tous ceux qui sont dans le tombeau entendront la voix du Fils de Dieu. Ceux qui ont fait le bien iront à la résurrection de la vie, et ceux qui auront fait le mal, à la résurrection du jugement. » (S. Jean, v, 29.) Voilà l'enseignement que développe saint Paul : « Le corps est semé en terre, plein de corruption, et il ressuscitera incorruptible; il est semé dans l’ignominie, mais il ressuscitera dans la gloire. » (1 Cor., xv.)

Si éxtraordinaire que nous apparaisse cette doctrine

- de la résurrection, nous en trouvons cependant le pré-

sage et le symbole partout dans la nature. « Toutes choses, dit Tertullien, se.conservent en périssant ; toutes: choses revivent en mourant. » Le grain de blé, en effet, jeté en terre, pourrit avant de germer et de produire un épr. Dans le règne animal, les étonnantes métamorphoses du ver à soie nous présentent l’image de notre, future transformation. Et Jésus-Christ enfin, dans les résurrections qu'il à opérées et dans sa propre résurrection, nous a donné le gage de la nôtre.

89. — Quelles seront les conditions et qualités des corps ressuscités ?

Tous les corps ressusciteront pour ne plus mourir, et ils seront substantiellement et identiquement les, mêmes que dans la vie présente. Ce sera là une con-

dition commune à tous les corps ressuscités, mais saint

Paul ajoute qu’ « ils ne seront pas tous changés ». En effet, il y aura des différences considérables entre les (orps des élus et ceux des réprouvés.

On reconnaît aux corps glorieux et Rs gurés quatre qualités :

à QE D impassibilité. — Ils ne souffriront plus ni de la faim, ni de la soif, ni de la rigueur des saisons, ni de éthenon, ni de la maladie, ni de la mort. So Jean, dans son Apocalypse, nous révèle ces précieux avantages.

90 La clarté. — & Les justes; dit l'Évangile, brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père. » (S. Matth., xur, #3.) Ainsi resplendissait Notre-Seigneur dans sa Transfiguration sur le Thabor et dans son Ascension Moiebe 5

3° L’agilité. — Comme les esprits, avec la rapidité de l’étincelle électrique, aussi vite que la pensée, les corps glorieux pourront se transporter d’un lieu dans un autre : ainsi faisait Notre-Seigneur après sa Résurrection.

4° La subtilité. — En vertu de cette propriété, les corps des élus seront en quelque sorte spiritualisés ; nul obstacle matériel ne pourra retenir ou arrêter leur mouvement. Ainsi encore Jésus-Christ ressuscité traversait le rocher du sépulcre, apparaissait à ses disciples, les portes et les fenêtres étant fermées.

Quant aux corps ressuscités des damnés, ils ne seront point spiritualisés : ils ne participeront pas aux qualités que nous venons d'énumérer. Ils seront, au contraire, plus charnels que jamais, passibles et souffrant tous

les maux réunis. Au lieu d’être brillants, ils seront :

ténébreux et obscurs ; au lieu de l’agilité, ils auront la pesanteur, qui les retiendra captifs ; au lieu de la subtilité, l'impuissance, qui les fera retomber à chaque élan de l’âme.

En un mot, pour les corps des élus, ce sera la gloire; pour ceux des damnés, l’ignominie et la honte.

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CONCLUSION PRATIQUE

C'est nous-mêmes qui faisons sur cette terre les conditions futures de nos corps ressuscités. « L'homme, dit saint Paul, recueillera ce qu'il aura semé. » — Si nous traitons notre corps dans le respect, dans la mortificalion et dans la pénitence, nous lui préparons pour l'éternité la lumière, la clarté et la gloire. Si, au contraire, nous le traînons misérablement dans la jouis sance de ses aises, dans les satisfactions de la gourmandise et de la sensualité, nous lui réservons pour l'éternité les ténèbres et la honte.

Combien il vaut mieux, ici-bas, sacrifier pour Dieu un œil, un pied, une main, c'est-à-dire tout ce que nous avons de plus cher, que de perdre en même temps l'âme et le corps pour une éternité !

$ III. — Du Jugement dernier.

Vérité du Jugement dernier. — Signes avant- coureurs. — Circonstances du Jugement dernier. — Les raisons de ce Jugement.

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