En quoi consiste le bonheur du Ciel
Nous pouvons dire qu’il se résume en: ces deux mots: exception de tout mal et possession de tout bien.
C'est. 1° lexemption de tout mal. — « Là, comme le dit saint Jean, il n’y aura plus ni pleurs, ni cris, nt affliction. Dieu essuiera toutes les larmes, et la mort * ne sera plus. » (Apoc., xx.) Donc, plus de souffrances,
- ajoute le concile de Florence. En lui on voit encore
plus de maladies ! Le corps sera affranchi de toutes les misères et exempt de tous les besoins. Là, plus d'ignorance, plus de doutes, plus d' incertitudes, plus de péchés ; l'âme aussi sera “délivrée de tout ce qui la trouble.
2° Le Ciel, c'est La possession de tous les biens. — Comment les énumérer? Saint Paul nous dit : « L'œil de l'homme n’a jamais vu, ni son oreille entendu, ni son Cœur compris ce que Dieu réserve à ceux qui l’aiment. » (I Cor., 11.)
Comment analyser ce bonheur? Pour le corps, c'est la jouissance des quatre qualités de la gloire ; pour l'âme, c'est le rassasiement de tous ses désirs,
Un mot caractérise le bonheur essentiel du paradis :
c'est la vision béatifique, une contemplation qui rend
heureux. On voit Dieu tel qu'il est, « face à face, » nous dit saint Jean, « dans sa nature et en personne, »
tout ce qu'il est possible de voir, non seulement par le regard, mais aussi par |’ intelligence.
Puis, en voyant Dieu, on l'aime comme le souverain bien, et on aime en lui tout ce qui est aimable, tout ce qu'on a légitimement aimé sur la terre.
Non seulement on voit et on aime Dieu, mais on le possède et on en jouit comme les Anges, et dans cette possession on trouve, comme eux, trésors, richesses et joies. Enfin cet immense bonheur dure éternellement, et il n’est pas assombri par la crainte de voir finir cette vision, cet amour, cette possession.
Tout cela est le bonheur essentiel des élus. Mais il y a de plus une félicité accidentelle, résultant du mérite particulier de chacun et proportionnée à ce mérite. — QI y a plusieurs demeures dans le Ciel, » dit saint Jean. € L'éclat diffère aussi, comme dans les astres, » nous dit saint Paul. Il y a ditérses auréoles de gloire pour les Martyrs, les Docteurs, les Vierges, afin de récompenser ces trois grands mérites différents : Je dévouement pour Dieu, — l’enseignement de la vérité, — la pratique de la parfaite chasteté. Enfin il ya des
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rés dans Ja vision et dans la jouissance de Dieu, selon le nombre et le degré des vertus qu'on aura pratiquées.
« Que la terre me semble vile quand je regarde le Ciel! » 1épétait souvent saint Ignace de Loyÿola. — Saint Augustin ne se lassait pas de penser au Ciel, et il ne pouvait se rassasier de méditer ces paroles : « Nous y verrons Dieu, nous l'aimerons, nous le posséderons ! » A l'exemple de ces grandes âmes, entretenons en notre esprit la pensée du Ciel. Dans ce souvenir nous trouverons une source de zèle pour accomplir le bien, de patience pour supporter les peines de la vie présente, de vigilance pour éviler les moindres fautes. Car, ne l’oublions pas, il faut, pour entrer au Ciel, l'innocence, la justice absolue. « Rien de souillé ne peut y pénétrer, » nous dit saint Jean; et il faut avoir payé jusqu'à la dernière obole pour parvenir à cette saprème récompense.
$S V. — De l'Enfer
L'Enfer : son existence. — Peines de l'Enfer : 4° peine du dam; 2° peine du sens. — Différences des peines.
96. — Qu'est-ce que l'Enfer, et Faue il croire à son existence ?
L'Enfer est un lieu de tourments où les damnés sont pour toujours séparés de Dieu et souffrent avec les démons dans un feu qui ne s’éteindra jamais. — Où est ce lieu ? Ni la raison ni la révélation ne le disent ;
mais l'expression usitée dans nos saints livres, « des-
cendre dans l'Enfer, » nous autorise à penser que ce
lieu de supplice est placé dans les vastes régions qui
occupent l'intérieur de la terre et où se trouvent, en effet, des lacs de feu.
L'existence de l'Enfer n'a Jamais été mise en doute par les philosophies et les religions, soit de l'antiquité, soit des temps modernes. — La même raison humaine qui réclame des récompenses dans une autre vie, exige des châtiments au delà de ce monde pour les coupables que n’atteint pas la justice présente. Le paganisme pro-
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fessait cette croyance. Platon parle beaucoup des supplices des méchants et de « leur effroyable et douloureuse éternité ». Les poètes grecs et latins, Homère, Virgile, Ovide,-ont décrit les Enfers ou le Tor et Mahomet enseigne, dans le Coran, l'existence de chàtiments éternels.
La Révélation est très affirmative sur l'existence de l'Enfer. Jésas-Christ, dans l'Évangile, répète jusqu'à quinze fois qu’il y a un Enfer ; aussi l'Église a-t-elle toujours proclamé cette vérité comme un de de foi.