‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 103 sur 179 · Devoirs des catholiques · texte numérisé non relu

Devoirs des catholiques

dans les questions scientifiques

qui appartiennent à la foi

Pas de contradiction possible entre la foi et la raison, entre la révélation et la science. Toute assertion contraire aux données révélées est fausse : l'Eglise a le droit et le devoir de les proscrire, même quand elles se présentent sous le couvert de la science. De là découlent des conséquences pratiques, lorsqu'on se croit en présence d'une opposition; elles sont indiquées par le concile du Vatican.

i° Quelle conduite tenir ? Il faut d'abord penser que la contradiction signalée n'est qu'apparente. S'il ne s'agit pas d'une vérité nécessaire de nécessité de moyen, la plupart des chrétiens peuvent s'en tenir à un simple acte de foi sans chercher d'où peut venir cette contradiction apparente. L'obligation de rechercher à quoi tient cette apparence de contradiction incombe à ceux qui ont mission d'euseigner les autres. Se garder alors de dire en chaire ou d'écrire qu'on croit voir une opposition entre les données de la science et de la foi ; car ce serait pratiquement mettre les chrétiens en demeure, ou de rejeter la foi, ou d'abandonner une hypothèse libre, ou même peut-être une donnée scientifique vraie ; ce serait une faute de justice et de charité contre les fidèles faibles ou déjà incrédules, qui seraient ainsi exposés à de graves tentations ou confirmés dans leur incrédulité ; ce serait aussi une faute vis-à-vis des fidèles croyants, qu'on obligerait

d'abandonner des sentiments que Dieu et l'Eglise leur laissent la liberté de garder ; ce serait enfin une faute d'ordre social, soit contre l'Eglise et la religion chrétienne,, qu'on ferait passer devant l'opinion publique pour hostiles à la science, soit contre l'esprit humain dont on entraverait le progrès légitime. Ces réflexions de M. Vacant (i) sont fort justes.

2° Quelles sont les causes de ces apparentes opposijions ? Le concile en signale surtout deux : une altération des données de la foi ou une altération des données de la science.

L'altération des données de la foi peut être le fait de ceux qui les comprennent ou les exposent mal, c'est-à-dire qui ne les comprennent ni ne les exposent suivant la pensée de l'Eglise.» Cela peut avoir lieu de bonne foi et avec une ignorance invincible, mais cela peut aussi être imputable soit à l'ignorance et aux exagérations de ceux qui exposent la doctrine chrétienne et à qui on est en droit de se fier, soit à l'ignorance et à la mauvaise foi des ennemis de la religion, qui ne prennent pas la peine de l'étudier ou qui l'altèrent de parti pris. Le public, évidemment, sera excusable s'il est trompé par l'enseignement de ses pasteurs ; mais il sera facilement coupable s'il prête une oreille complaisante aux adversaires de la foi (2).

L'altération des données de la science provient d'ordinaire de ce que l'on regarde comme une vérité acquise ce qui n'est qu'une opinion fausse ou hasardée. C'est le fait d'ennemis résolus de la religion ou de demi-savants, d'ignorants présomptueux ou même de vrais savants, qui se laissent séduire par de faux systèmes.

3° Devoirs pour Vapologiste. L'apologiste doit évi-

x. Const. Dei Fllius, t. 11, p. 200. — a. V. Ibid., 1. 11, p. a5i.

ACCORD DE LA RAISON ET DE LA FOI 35y

ter deux exagérations contraires. Il doit d'abord présenter les dogmes de la foi sans les augmenter ni les diminuer, donner comme certain et obligatoire ce qui est certain et obligatoire, et ne point imposer les opinions librement discutées. En ajoutant aux obligations, il forgerait des armes qui pourraient se retourner contre la religion; en amoindrissant l'enseignement, il livrerait la doctrine, fortifierait la fausse science et discréditerait ceux qui soutiennent les vrais enseignements de l'Eglise. Il doit ensuite exposer les données scientifiques sans en exagérer la valeur ou l'importance, alors même qu'il les estimerait favorables à la doctrine catholique ; il ne doit pas s'appuyer sur une fausse science pour prouver les vérités de la foi ou pour interpréter l'Ecriture et la tradition, car ce serait altérer les principes de la religion ; il ne doit pas amoindrir la science et par suite ne pas mépriser les véritables découvertes scientifiques, ne pas rendre responsable surtout la vraie science des conclusions prématurées et parfois insensées qu'on lui prête (i).

4° Devoirs pour ceux qui étudient les questions scientifiques qui touchent à la révélation. Dans ces questions qui touchent de près à la révélation, il y a, pour ceux qui s'en occupent, un double devoir : un devoir négatif, qui est de ne pas soutenir des opipinions contraires à la foi ; un devoir positif, qui est de regarder ces opinions comme fausses.

Le devoir négatif s'applique à toutes les assertions contraires à la doctrine révélée, dit le canon 2; aux fausses opinions, qu'on sait être contraires à la foi divine, dit le chapitre IV de la constitution Dei Filius ; et cela même de la part de ceux qui les

i. Ibid., p. a5a.

croiraient scientifiquement fondées. Le devoir positif, c'est de les tenir pour des erreurs qui se couvrent vainement des apparences de la vérité. Il ne suffit pas de s'abstenir de les défendre extérieurement et de' garder le silence, il faut les rejeter intérieurement. Faut-il de plus les rejeter et les combattre extérieurement ? Le concile ne le dit pas ; ce serait pourtant un devoir si le silence était susceptible de passer pour une approbation.

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