ATTITUDE DE L'EGLISE EN FACE DES SCIENCES
Elle en impose l'étude à ses prêtres pour les armer contre les objections de la sophistique.
2° Point de mépris, mais estime de leur utilité. — C'est l'objection sans cesse mise en avant contre l'Eglise : on l'accuse d'enseigner et de professer le mépris des choses de ce monde, de se désintéresser du mouvement scientifique qui s'accuse avec tant de vigueur et compte tant de succès. Elle a tort, assure-t-on, de prêcher le renoncement, de regarder la terre comme un lieu d'exil et de passage, de placer au delà de la tombe le seul bonheur qui puisse satisfaire le cœur de l'homme, de ne point marcher avec le siècle. C'est le reproche bien connu de l'obscurantisme. L'Eglise, ennemie du progrès I Tel est le dernier mot des ennemis du Catholicisme. Nous venons de voir ce qu'il faut en penser. Mais il convient d'y répondre avec le concile du Vatican.
Que déclare donc le concile ? Deux choses : la première, c'est que l'Eglise ne méprise nullement les avantages temporels qui résultent de la culture des arts et des sciences pour la vie terrestre ; la seconde, c'est qu'elle estime que les arts et les sciences, venant de Dieu, peuvent conduire à Dieu.
Il n'y a guère que la mauvaise foi et le parti pris pour soutenir que le renoncement chrétien soit un mépris et un désintéressement absolu de ce qui se passe ici-bas. La vie chrétienne n'anéantit pas la vie naturelle ; elle la suppose, au contraire, elle s'y appuie, non pour s'y renfermer, mais pour la dépasser, car elle y ajoute la pratique des commandements divins et souvent celle des conseils évangéliques. Loin donc de paralyser l'activité naturelle, elle la stimule de la façon la plus heureuse ; et Ton a pu dire avec raison qu'il n'y a de véritablement homme que le chrétien, de véritablement chrétien
que le catholique, tant la foi pousse à son développement parfait tout ce qui constitue la nature humaine.
De plus si les sciences viennent de Dieu, comme tous les dons naturels, puisque c'est de Dieu que l'homme tient son intelligence, sa lumière et sa force, elles conduisent aussi à Dieu. Dieu, le maître des sciences, est leur source première et leur fin dernière. Il se peut que les sciences méconnaissent leur origine et leur destinée ; il se peut aussi qu'elles s'en souviennent. En tout cas, elles sont à même de conduire à Dieu celui qui les cultive. Et elles y conduisent effectivement, comme dit le concile du Vatican, si elles sont cultivées comme il convient, c'est-à-dire sans préjugés antireligieux, sans parti pris, loyalement, logiquement, et non avecledédain de l'indifférence religieuse, avec l'obstination du rationalisme à courte vue, avec le fanatisme de l'hérésie ou de l'impiété. Elles y conduisent avec le secours de la grâce, comme l'enseigne le concile. Et c'est par là que leur utilité temporelle se double d'un avantage spirituel, ce qui justifie amplement l'estime qu'en professe l'Eglise catholique.
3° Point d'hostilités, mais surveillance nécessaire. — Par l'estime qu'elle professe pour l'utilité des sciences, comme aussi par le concours sympathique et efficace qu'elle leur porte, l'Eglise montre bien qu'elle n'est pas l'ennemie qu'on imagine dans certains milieux, toujours prête à fulminer l'anathème. Rationalistes et semi-rationalistes ont raison de réclamer pour la science le droit d'agir en toute liberté dans son domaine, avec des principes et des méthodes propres ; c'est, du reste, un droit légitime que l'Eglise se plaît à reconnaître et à proclamer la première ; mais ils ont tort, après avoir