Jerem., xxm, 24. 2. Hebr., xi, 6. — 3. Isaï., lxiv
que l'homme est incapable de les connaître parla seule lumière naturelle.
« De ce que nous venons de dire, il suit qu'il n'y a qu'un seul, Dieu, et non plusieurs. Car nous avons vu que Dieu possède une bonté et une perfection souveraines. Or il est impossible que la perfection souveraine et absolue convienne à plusieurs ; car celui qui manque de la moindre chose est par là même imparfait, il ne saurait être Dieu. Cette vérité se trouve dans une multitude d'endroits de l'Ecriture. Il est écrit : Ecoule, Israël; le Seigneur notre jji^u est le seul Dieu (i). De plus c'est un précepte du Seigneur : Tu n auras point d'autres dieux devant moi (2). Il nous dit par le prophète : Je suis le premier et le dernier ; en dehors de moi il n'est pas d'autre Dieu (3). Enfin l'apôtre l'atteste clairement : Un seigneur, une foi, un baptême (4).
« Que si l'Ecriture donne quelquefois le nom de dieux à des êtres créés, cela ne doit pas nous surprendre. Car lorsqu'elle appelle dieux les juges et les prophètes, ce n'est pas dans le sens impie et absurde des païens qui se sont forgé plusieurs divinités ; c'est pour exprimer, selon une manière ordinaire de parler, ou quelque perfection particulière, ou quelque fonction à laquelle Dieu les avait élevés. La foi chrétienne professe donc qu'il n'y a qu'un seul Dieu par nature et par essence, comme il a été défini par le concile de Nicée, qui a confirmé cette vérité dans son symbole. Mais, remontant encore plus haut, elle reconnaît l'unité de Dieu, tout en adorant en même temps la trinité dans son unité et l'unité dans sa trinité. »
Ce passage du Catéchisme romain résume admi-
1. DeuL, vi, 4. — a. Exod., xx, 3. — 3. Isaï., xu, 4. — — 4. Ephes., iv, 5.
DÉFINITION DU CONCILE DU VATICAN SS't
rablement l'enseignement de l'Eglise sur la question de l'existence de Dieu. Que Dieu existe, c'est une vérité d'ordre naturel, accessible par conséquent à la raison de l'homme. L'homme, en effet, quelques privilégiés du moins, à l'aide de leurs seules lumières, arrivent à l'acquérir par l'étude du monde créé, par le raisonnement, mais ce n'est ni sans efforts, ni sans travaux, ni surtout sans danger d'erreurs, efforts et travaux dont tout le monde n'est pas capable, erreurs auxquelles n'échappent pas toujours même les plus sages. D'où la nécessité morale de la révélation divine qui, de prime abord et sans nulle peine, met en possession de cette vérité primordiale les simples d'esprit et les ignorants, la leur communique dans sa pureté native, sans le moindre mélange d'erreur et avec pleine sécurité.