‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 122 sur 179 · I. Preuves psychologiques · texte numérisé non relu

I. Preuves psychologiques

i° C'est l'austère Tertullien qui invoquait, en faveur de l'existence de Dieu, le témoignage de Mme. « Viens donc, ô âme humaine, comparais devant nous, soit qu'il faille avec plusieurs philosophes te reconnaître pour une substance éternelle et divine, et par là même plus incapable de mentir ; soit qu'étrangère à la divinité, tu n'aies rien que de mortel, comme l'a professé le seul Epicure, ce qui fera paraître ton témoignage d'autant moins suspect; soit que tu descendes du ciel ou que la terre te conçoive ; que tu naisses avec le corps ou que tu iui sois ajoutée après coup ; d'où que tu viennes, et de quelque manière que tu rendes l'homme un animal raisonnable, doué d'intelligence et de sentiment, réponds-moi ! Mais ce n'est pas toi que j'appelle, ô âme qui, formée dans les écoles, exercée dans les bibliothèques et nourrie dans les académies ou sous les portiques de la Grèce, débites d'orgueilleuses maximes. Non, viens ici dans toute ta rudesse, dans toute la simplicité de ton ignorance primitive, telle que te possèdent ceux qui n'ont que toi ; accours de la voie publique, du carrefour, de l'atelier. 11 me faut ton expérience, puisque personne n'ajoute plus foi à ton habileté, si petite qu'elle soit. Je ne te demande que ce que tu apportes avec toi dans l'homme, soit que tu le tires de ton propre fonds, ou que tu le reçoives de ton auteur, n'importe lequel. Tu n'es pas chrétienne, que je sache, car tu as coutume de devenir et non de naître chrétienne.

Dieu, Paris i856; ajouter aux ouvrages déjà signalés dans la leçon précédente : Janct, Les causes finales, Paris, i876;Blondel, V Action, Paris, 1893 ; Monsabré, Conférences de Notre DaniQ.

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Toutefois les chrétiens requièrent aujourd'hui ton témoignage. Etrangère, dépose contre les tiens, afin que nos persécuteurs rougissent devant toi de leur mépris pour une doctrine, dont tu es complice... On ne veut pas nous écouter quand nous prêchons un Dieu unique, de qui tout vient, sous qui tout subsiste. Eh bien, parle, ô âme : n'est-ce point là ta croyance à toi même ?... Ces témoignages de l'âme sont d'autant plus simples qu'ils sont plus vrais, d'autant plus populaires qu'ils sont plus simples, d'autant plus communs qu'ils sont plus populaires, d'autant plus naturels qu'ils sont plus communs, d'autant plus divins qu'ils sont plus naturels (i). » 2° C'est saint Augustin qui donnait ses préférences à la preuve basée sur la constatation d'une vérité éternelle et immuable, supérieure à l'homme. La raison de l'homme occupe le plus haut degré de la hiérarchie des êtres de ce monde visible ; mais si elle découvre un être plus parfait, cet être sera Dieu. Or, la raison humaine constate qu'au-dessns d'elle, il y a la vérité éternelle et immuable, qu'elle ne crée pas, mais qu'elle contemple, qui n'est ni sienne ni en elle, puisque tout homme la contemple semblablement. Cette vérité est donc Dieu lui-même ou, si l'on suppose un être encore plus élevé, nous conduit à cet être, source de vérité (2). Ce n'est point là, remarquons-le, l'édition anticipée de l'argument de saint Anselme, car l'évêque d'Hippone ne conclut pas de l'idée de Dieu à son existence ; analysant les caractères de la vérité, il les trouve inexplicables si au-dessus d'elle il n'y a un être immuable, source de l'immuable vérité.

1. De test, am., i-v ; Patr. lat., t. 1, col. 610 sq. — 2. De lib. arb., 11, 7-33 ; Patr. lat., t. xxxu, col. I243-I263; ConJ., VII, x, 16; ibid., col. 7^2; De Div. quœst. lxxxiii, q. liv ; Patr. lat., t. xl, col. 38.

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