PREUVES PSYCHOLOGIQUES 4 II
toute l'esthétique, sciences vaines ou plutôt mots vides de sens, si l'idée d'infini qui les remplit, qui est leur centre et leur terme commun, n'a pas de place dans la raison (i). » « Quelle est la cause objective dont l'idée d'infini est l'effet psychologique, le modèle dont elle est la représentation de l'image ? Le bon sens répond à cette question d'une manière tellement rapide et positive, le principe de causalité, s'ajoutant au fait psychologique, produit un raisonnement si simple, il y a une absurdité si visible et une contradiction si énorme à expliquer l'idée d'infini autrement que par l'existence de l'être infini, que la démonstration de l'existence de Dieu semble ici prendre le caractère d'une intuition immédiate... Il faut concevoir l'humanité comme un tout vivant, comme une personne, et puisque l'idée d'infini est en elle, il faut lui demander d'où elle la tient. Elle ne Ta pas créée, elle ne l'a pas construite, elle n'en a rencontré le modèle ni en elle-même, ni dans le monde, ni dans quelque réalité finie que ce puisse être, elle ne l'a trouvée que dans un être qui est réellement tout ce que cette idée représente, en Dieu (2). »
4° Quelques esprits supérieurs, aux envolées superbes, se sont laissé séduire au mirage trompeur de leur propre pensée et ont cru pouvoir conclure de Vidée de l'être parfait à l'existence réelle de cet être. Ce fat le cas de saint Anselme (f 1109). Gaunilon, moine de Noirmoutiers, fit la critique ingénieuse et profonde de l'argument de saint Anselme, dans son Liber pro insipiente ; et saint Thomas l'a justement écarté à cause du passage injustifié de l'ordre logique de l'idée d'existence à l'ordre onto-