Job, xi, 8. — 2. Ad. xx
dont les espérances et les craintes, chimériques ou fondées, se perdent dans un avenir qui n'est pas encore, mais formules absolument impropres et inapplicables, dès qu'il s'agit de Dieu, et dont pourtant il faut bien que nous usions, puisque nous parlons de Dieu en créatures, et dont la Bible ellemême est obligée de se servir pour se faire entendre en parlant de Dieu à des hommes. L'Ecriture du moins prend soin de nous avertir à maintes reprises que Dieu est éternel.
« Avant la création des montagnes,
La formation de la terre et de V univers,
Vous êtes, Seigneur, et vous serez toujours.,.
Mille années sont devant vos yeux
Comme la journée d'hier déjà passée,
Comme la veille d'une nuit (i). »
« Au commencement, vous avez fondé la terre,
Et les deux sont l'ouvrage de vos mains.
Ils passeront et vous durerez;
Ils s'useront tous comme un vêtement,
Et vous les changerez comme on change un habit,
Et ils passeront ; mais vous restez le même
Et les années ne vous manqueront pas (2). »
On a dit du temps qu'il était « l'image mobile de l'immobile éternité. » Mais qu'est-ce que l'éternité ? Impossible de le comprendre et de l'expliquer. Dire que c'est un jour sans matin ni soir, un présent immuable sans succession ; la définir avec Boèce : « la possession entière, simultanée et parfaite d'une vie sans terme (3), » ce n'est pas en donner une idée adéquate ; et le mystère reste toujours de savoir comment Dieu la possède. Saint Augustin, saint
1. Psaî.t lxxxix, a, &. — 2. Psal., ci, 26 sq. — 3. Cons., ni, 2.