‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 138 sur 179 · DIEU EST IMMUABLE · texte numérisé non relu

DIEU EST IMMUABLE

Anselme, saint Thomas déclaraient le problème difficile à résoudre : on peut les en croire. L'homme, mesuré par le temps, tâche bien de rendre présent le passé, qui n'est plus, par le souvenir, et devance l'avenir, qui n'est pas encore, par la prévision, et c'est à peine s'il jouit d'un moment présent fort précaire en vérité, tant il est prompt à se transformer en passé, tant il est vite remplacé par le moment qui suit. En Dieu, rien de semblable : l'éternel est son nom.

5. L'immutabilité. — Dieu est enfin au dessus de tout changement. Parce qu'il est un acte pm\ il ne peut point passer de la puissance à l'acte ; parce qu'il est absolument simple, il exclut toute espèce de composition, comme nous l'avons vu; parce qu'il est infiniment parfait, il ne peut rien perdre, rien gagner. Donc, en lui, ni contingence, ni possibilité de changement, comme dans les êtres contingents et changeants. Il ne change ni dans sa nature, ni dans sa volonté. « Dieu n'est pas comme V homme qui ment, ou comme le fils de l'homme qui change (i). » « Je suis le Seigneur, dit-il, et je ne change pas (2). » « Vous restez toujours le même, Seigneur (3). » « Nombreuses sont les pensées de l'homme, mais la volonté de Dieu est permanente (4). » « En Dieu point de changement ni d'ombre de vicissitudes (5). »

Que de fois pourtant la Bible nous montre Dieu pardonnant après avoir menacé ou puni, exauçant la prière après avoir refusé de l'entendre ! Mais ce changement n'est pas en Dieu, il est en* nous. C'est nous qui sommes pardonnes, après avoir

1. Num.f xxiii, 19. — a. Malach., ni, 6. — 3. Psal., ci, 27.. *— 4- Prov., xix, 21. — 5. Jac, 1, 17.

mérité ou subi le châtiment ; c'est nous qui sommes exaucés, après avoir mal prié ; et l'Ecriture, ici comme toujours, ne fait que parler notre langage pour se mettre à notre portée, et montre le Dieu immuable s'accommodant à notre manière d'être.

Voilà donc quelques attributs de Dieu, et telle est, grâce à eux, la notion que nous pouvons nous faire de la nature divine. Mais cette notion est loin d'avoir épuisé le sujet ; et fût-elle encore plus complète, elle ne nous donnerait pas pour cela une idée adéquate de Dieu. Elle nous permet du moins de savoir quelque chose de vrai sur l'être infini, que notre intelligence est toujours incapable de comprendre dans toute sa réalité vivante ; du même coup elle permet de nommer Dieu d'une manière approxima tive, c'est-à-dire de lui donner des noms qui n'expriment pas, il est vrai, adéquatement son essence infiniment parfaite, mais qui répondent aussi bien que possible à notre manière limitée de la connaître.

6. Les noms de Dieu. — De tels noms, quand ils ont un sens négatif, comme infini, immense, éternel, immuable, ou quand ils impliquent une idée de relations des créatures avec Dieu, comme créateur, seigneur, n'expriment pas la substance divine; mais quand ils ont un sens affirmatifet absolu, comme bon, sage, vivant, ils la désignent, ils en sont les vrais attributs, quoique toujours d'une manière imparfaite, puisque ils dépendent de la manière imparfaite dont nous connaissons Dieu. Or, parmi les noms que nous donnons à Dieu, tous ne sont pas de pures métaphores ; quelques-uns désignent à n'en pas douter les propriétés de l'essence divine, et bien qu'empruntés aux perfections des

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