‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 139 sur 179 · LES NOMS DE DIEU · texte numérisé non relu

LES NOMS DE DIEU

créatures, ils s'appliquent beaucoup mieux à Dieu qu'aux êtres créés. Et ces noms propres de Dieu, quoique se rapportant à un seul et même être, qui est la simplicité absolue, n'offrent pas cependant une synonymie complète, rigoureuse. Ils renferment des significations multiples, différentes les unes des autres, parce que les perfections, d'où la raison les lire, sont diverses dans les créatures ; mais cette diversité de signification n'est que dans notre esprit, et nullement en Dieu (i).

Dans quel sens les mêmes noms peuvent-ils donc si dire de Dieu et des créatures ? Ne parle-ton pas, en effet, de la sagesse de l'homme, de la sagesse de Dieu ? Quelques explications sont nécessaires. Les choses sont désignées d'une manière univoque quand, sous ces mêmes noms, elles ont la même essence. Ainsi le mot homme se dit univoquement de Pierre et de Paul, parce que Pierre et Paul possèdent la même nature humaine. Elles sont désignées d'une manière équivoque lorsque, sous un même nom, elles ont une nature différente. Ainsi le mot lion se dit d'une manière équivoque du roi des animaux et du signe du zodiaque. Elles sont, enfin désiguées d'une manière analogue lorsque, sous le même nom, elles ont des ressemblances accidentelles, des analogies.

Cela dit, il est évident que les mêmes noms donnés à Dieu et aux créatures ne peuvent avoir un sens univoque, puisque la nature de Dieu diffère de celle des créatures. Ils ne peuvent pas davantage avoir un sens purement équivoque, parce que si la nature de l'être souverain et celle de l'être contingent diffèrent essentiellement, elles offrent du moins certains traits de ressemblance. Ces noms ne peu-

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