‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 145 sur 179 · Mazzella, De gratia, Disp. ni, a. 7. — a. De Régnon · texte numérisé non relu

Mazzella, De gratia, Disp. ni, a. 7. — a. De Régnon

Bannes et Molina, p. ii3-ii5.

l'efficacité de la causalité première, bien différente en cela des causes secondes, peut nous mouvoir sans violenter notre nature, et tout causer en nous très efficacement, même notre liberté, que nous ne saurions soustraire, sans privilège, à la causalité universelle de Dieu (i). »

Quel que soit le mode d'explication, toujours estil que cette connaissance des futurs conditionnels existe en Dieu. Dieu connaît assurément les actes que la créature libre accomplirait, si telle condition qui, du reste, ne se produira pas, venait à se réaliser. En voici un exemple, pris dans l'Ancien Testament. David, réfugié àCéïla, dit: « Seigneur, Dieu d'Israël, votre serviteur a appris que Saiïl se dispose à venir à Céïla, pour détruire la ville à cause de moi. Les habitants de Céïla me livreront-ils entre ses mains ? Saiïl descendra-t-il comme votre serviteur Va entendu dire ? Jéhovah, Dieu d'Israël, daignez le révéler à votre serviteur. » Jéhovah répondit : « // descendra. » Et David dit : « Les habitants de Céïla me livreront-ils, moi et mes hommes, entre les mains de Saiïl ? » Jéhovah répondit : « Ils te livreront (2). » Le sort de David et de sa troupe dépendait ainsi d'une condition. En restant à Céïla, il eût été livré ; il quitta la ville. Yoici un autre exemple, donné par Notre Seigneur dans l'Evangile, quand il dit : « Malheur à toi, Corozaïn ! malheur à toi, Bethsaïda ! parce que si Tyr et Sidon avaient été les témoins des prodiges qui s'accomplissent en vous, elles auraient fait pénitence sous le cilice et dans la cendre (3). » Tyr et Sidon n'ont pas fait pénitence parce que la condition, qui devait la leur faire faire, n'a pas eu lieu.

1. Farges, L'idée de Dieu, p. 377. Cf. Gayraud, Thomisme et Molinisme, Paris, 1889, p. 116. — a. I Reg., xxm, 10-12. — 3. Malth., xi, 21.

4q8 le catéchisme romain

3. Ses divers noms. — Cette science divine, si parfaite dans son mode, si pleine dans son objet, a reçu des théologiens plusieurs noms qui servent à la préciser.

On la distingue en science nécessaire ou libre, suivant qu'elle précède tout décret divin et qu'elle a pour objet l'être souverain ou les choses purement possibles, ou selon qu'elle est consécutive à un décret divin et qu'elle a pour objet ce qui dépend de la toute-puissance divine, toutes les choses qui sont ou seront.

Elle est dite spéculative, si elle se borne à la connaissance des choses sans les effectuer ou les réaliser, ou pratique, quand elle les connaît et les fait passer à l'existence.

Elle s'appelle science de simple intelligence, quand elle s'applique aux possibles, c'est-à-dire aux choses qui n'ont pas été, qui ne sont pas et qui ne seront jamais, et science de vision, quand elle a pour objet ce qui est ou sera.

Si son objet est le bien et suppose un décret divin,, c'est la science d'approbation ; si, au contraire, son objet est le mal, que Dieu ne saurait vouloir, à raison même de sa perfection, c'est la science de permission. Sur ces paroles, que David prête au Seigneur : « Je ne connaissais pas le cœur dépravé et méchant, qui s'éloignait de moi, (i) » saint Augustin écrit : « Je ne connaissais pas, qu'est-ce à dire ? Je n'approuvais pas, je ne louais pas, je n'aimais pas, car le mot connaître, clans l'Ecriture, signifie quelquefois voir avec complaisance (2). »

Les molinistes, nous l'avons vu, ont donné à la science des futurs conditionnels le nom de science moyenne, de science intermédiaire entre la science

Page 1