‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 146 sur 179 · Psal., c, t\. — 2. In psal., c · texte numérisé non relu

Psal., c, t\. — 2. In psal., c

LA VOLONTÉ DE DIEU l\()$

de simple intelligence et la science de vision. Mais les thomistes jugent inutile ce terme nouveau, parce que, si la condition se réalise, le futur conditionnel est alors connu par la science de vision, et si elle ne se réalise pas, le futur conditionnel reste Fobjet de la science de simple intelligence (i).

IL Volonté de Dieu

i° Ses caractères. — La tendance au bien,, perfection de l'être, est universelle ; on la trouve partout, en effet, dans le monde créé. Mais ce qui n'est qu'une tendance aveugle ou un instinct chez les êtres dépourvus de raison, est une faculté chez les êtres conscients. Chez ceux-ci, l'intelligence perçoit le bien ; elle y tend en vertu de sa propre nature, quand elle ne l'a pas ; elle le cherche jusqu'à ce qu'elle le trouve et s'y repose dès qu'elle le possède. Or, ce sont là des actes de volonté. Tout être doué d'intelligence est par là même un être doué de volonté ; car la volonté suit toujours l'intelligence et est toujours en proportion avec elle. C'est précisément le cas de l'homme raisonnable : il comprend et il veut.

Mais l'homme veut nécessairement le bonheur parce qu'il est fait pour lui ; c'est une nécessité de nature. Pourtant il est libre dans le choix des moyens pour se le procurer, pour l'atteindre et en jouir. Sa liberté, qui est une prérogative remarquable^ est entourée d'imperfections : elle est mêlée de passivité, mobile, changeante, faillible, limitée au dedans et au dehors.

i. Cf. Cardinal Pecci, La prèdélerminalion physique et la science moyenne» p. 5o sq.

Dès qu'il agit, l'homme subit une réaction ; il ne peut pas modifier les êtres qui l'entourent sans se modifier lui-même ; sa puissance est indéterminée ; chaque objet voulu la détermine et la modifie. Sous l'influence d'agents extérieurs ou sous la poussée de passions mal réglées, il se laisse déconcerter et abuser. Il prend le mal pour le bien ou préfère un bien accidentel, que lui procure le mal, à la place du bien véritable. Sa volonté n'est pas que faillible ; elle est mobile, changeante, comme l'intelligence qui l'éclairé. Elle passe capricieusement d'un motif à un autre, d'une décision à une décision contraire ; parfois elle ne sait à quoi se résoudre, elle hésite, incertaine ; parfois aussi elle se décide en aveugle. Déplus, si elle ne veut pas tout ce qu'elle peut, elle ne peut pas toujours tout ce qu'elle veut. Et trop souvent elle fait le mal qu'elle ne veut pas et ne fait pas le bien qu'elle veut. Quiconque a tant soit peu l'expérience des phénomènes psychologiques ou moraux, qui se passent dans le domaine de sa conscience, sait combien infirme, et par tant de côtés, et de tant de manières, est sa propre volonté.

Si donc la volonté, puissance de faire le bien, est une noble faculté, une perfection des êtres intelligents, nul doute) qu'elle ne se trouve en Dieu, puisque Dieu est un être intelligent. Mais comme Dieu est l'intelligence parfaite, il doit donc être et dans la même mesure la volonté parfaite ; et de même qu'en Dieu l'intelligence est son être, de même la volonté est son essence divine ; nous ne l'en pouvons distinguer que par un procédé d'ordre logique. Par conséquent nous ne pourrons trouver en Dieu aucune des imperfections qui se trouvent dans la volonté de l'homme.

Tandis que l'homme est mû, dans la recherche*

LA VOLONTÉ DE DIEU 5oi

nécessaire du bien, qui lui est extérieur, par une cause étrangère, Dieu, qui est son propre bien à lui-même, ne peut être mû vers ce bien que par luimême : sa volonté part de lui et aboutit à lui ; sa volonté, c'est lui, c'est un acte immanent.

La volonté divine, est à la fois nécessaire et libre, mais sous des rapports différents ; nécessaire vis-à-vis de lui-même, comme nous allons le voir en parlant de son objet ; mais libre vis-à-vis de tout ce qui n'est pas lui, par rapport à ses actes extérieurs. Dans ceux-ci, en effet, il n'y a ni nécessité de nature, ni coaction : Dieu est libre. La nécessité de nature résulte de la constitution intime, de l'essence même de l'être ; elle est absolue, quand elle est indépendante de toute conjoncture et s'impose partout et toujours. Or, dit saint Thomas, il est nécessaire d'une nécessité absolue que Dieu veuille quelque chose, mais il ne l'est pas de même qu'il veuille tout ce qu'il veut. Sa volonté a des rapports nécessaires avec sa bonté, qui est son objet propre : il veut donc nécessairement, par une nécessité de nature, sa bonté. Mais il aurait pu ne pas vouloir les créatures. Vis-à-vis d'elles, il est libre ; si donc il les veut, c'est en pleine liberté ; et s'il les veut de toute éternité, il ne S'ensuit pas qu'il les veuille nécessairement ; il ne les veut que selon son bon plaisir, d'une manière toute relative. « Tous les habitants de la terre ne comptent pour rien devant lai ; il agit comme il lai plaît avec V armée des cieax et avec les habitants de la terre (i). » « II opère toutes choses d'après le conseil de sa volonté (2). » Il est libre.

Mais sa liberté n'a aucun mélange de passivité comme celle de l'homme. L'homme, incapable de

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