Rom., xii, a. — 2. Matth., vi, 10. — 3. Enchir., xcv
5o8 LE CATÉCHISME ROMAIN
La permission et l'opération regardent le présent ; le commandement, la défense et le conseil se rapportent à l'avenir ; la défense et la permission concernent le mal ; l'opération, le bien en général ; le commandement, le bien obligatoire ; le conseil, le bien surabondant.
La volonté de bon plaisir ne va pas toujours avec la volonté de signe, par exemple, quand Dieu, par sa permission, laisse à l'homme le pouvoir de faire le mal ; elle ne s'en sépare pas, au contraire, dans l'opération. Sur ces deux points pas de difficulté. Il n'en est pas de même du commandement, de la défense et du conseil. Ces trois signes peuvent, il est vrai, impliquer une volonté réelle de la part de Dieu. Est-ce toujours ? N'est-ce que dans quelques cas ? Et quand ? C'est une question débattue entre théologiens.
L'Ecriture est pleine d'exemples de ces signes de la volonté divine. Dieu commande à Abraham d'immoler son fils Isaac, non qu'il veuille dans sa réalité cette immolation sanglante, puisqu'il l'empêche de se consommer, mais uniquement pour éprouver l'obéissance de son serviteur. Lorsque le démon propose d'aller tromper le roi Achab par la bouche des faux prophètes, Dieu lui dit : « Va et fais (i). » C'est une simple permission. Il en est de même, lorsque Notre Seigneur dit à Judas : « Ce que tu fais , fais-le vite (2) .» Ailleurs, le divin Maître dit à un jeune homme : « Si vous voulez être parfait, allez, vendez ce que vous avez et donnez-le aux pauvres (3).» Ce n'était pas un ordre, mais un conseil.
La volonté de bon plaisir est dite antécédente, lorsqu'elle veut une chose en elle-même, considérée dans sa nature, abstraction faite des circonstances
1. III Reg. xxii, 22. — 2. Joan., xm, 27. — 3. Matth., xix, 21.
LA VOLONTÉ DE DIEU 5oQ
qui l'entourent ; ainsi Dieu veut la sanctification, le salut de tous. Elle est dite conséquente, lorsqu'elle tient compte de toutes les circonstances et de tous les accidents qui se rattachent à une chose ; ainsi Dieu veut la punition du coupable, la damnation du pécheur impénitent. Les partisans de la science moyenne entendent différemment ces deux sortes de volonté. Selon eux, Dieu voit les futurs contingents, non pas dans son essence infinie, mais dans ces contingents mêmes. Pour eux, la volonté divine relative à la liberté humaine, est antécédente quand elle précède la prévision du consentement de l'homme à la grâce ; elle est conséquente quand elle la suit.
On distingue encore la volonté absolue et la volonté conditionnelle. La première ne dépend d'aucune condition ; telle est la volonté, en Dieu, de créer le monde ; la seconde, au contraire, dépend d'une condition ; telle est la volonté de sauver tous les hommes, c'est-à-dire pourvu qu'ils le veuillent. On trouve dans l'Ecriture des exemples nombreux de cette volonté conditionnelle, u Dieu avait résolu de les perdre (les Israélites), si Moïse, qu'il avait choisi, ne s'y fût opposé en se présentant devant lui (i) ». Le Seigneur, dit à Salomon : « Si lu marches en ma présence, comme ton père, dans la droiture et la simplicité du cœur, f établirai ton trône et ton règne sur Israël pour toujours (2) ».
La volonté divine est efficace ou inefficace selon qu'elle produit infailliblement son effet ou qu'elle 1q laisse paralyser par l'intervention de la liberté humaine. Ainsi Dieu dit : « Mon dessein subsistera et je ferai toute ma volonté (3) » ; mais il a dit aussi « Jérusalem, Jérusalem, combien de fois n'ai-je pat