‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 165 sur 179 · Saint Basile, Adv. Eunom., ni · texte numérisé non relu

Saint Basile, Adv. Eunom., ni

LA SAINTE TRINITÉ *. PREUVE PATRISTIQÛE 5û,3

avait combattu aussitôt une telle erreur. Mais Terreur prit un élan nouveau avec Macédonius, successeur d'Eusèbe sur le siège de Constantinople en 3^2. Saint Athanase écrivit dans ses Lettres à Sérapion de Thmuis pour défendre de nouveau la divinité du Saint-Esprit. Mais les pneumatomaques, comme on désignait les adversaires de la divinité du Saint-Esprit, partaient de ce dilemme et raisonnaient ainsi : «Le Saint-Esprit est engendré ou non. S'il ne l'est pas il est un nouveau Dieu, et c'est du polythéisme. S'il l'est, de deux choses l'une : ou il est engendré par le Père et alors le Père a deux fils, ou il est engendré par le Fils et alors il est petit-fils du Père. Tout cela ne pouvant s'accorder avec l'Ecriture, il faut en conclure que le Saint-Esprit n'est pas Dieu.

A Rome, le pape saint Damase (366-384) condamna cette nouvelle erreur. En Orient, les Pères cappadociens la combattirent à leur tour ; saint Basile, avec une certaine circonspection de langage, qui ne permettait pas, affirme son ami saint Grégoire de Nazianze, de suspecter l'orthodoxie de sa pensée mais qui le poussa, dans la suite, à écrire son Traité du Saint-Esprit, où il enseigne la consubstantialité du Saint-Esprit et sa divinité ; saint Grégoire de Nazianze, dans ses Discours ; et saint Grégoire de Nysse, dans son Traité contre Eunomius.

Le concile de Constantinople, en condamnant Macédonius et Maréthonius, qui regardaient le Saint-Esprit comme le serviteur et la créature du Fils, comme un être intermédiaire entre le Fils et le monde des esprits finis, et en proclamant la consubstantialité et la divinité de la troisième personne, mit un terme aux controverses trinitaires du ive siècle. Complétant le symbole de Nicée, il dit, relativement au Saint-Esprit : «Nous croyons... à l'Esprit-Saint, le Seigneur, le Vivifiant, qui procède du

Père, qui conjointement avec le Père et le Fils est adoré et glorifié, et qui a parlé parles prophètes (i).» D'après le concile de 38i, le Saint-Esprit, personne distincte, procède du Père, est consubstantiel à Dieu, est Dieu au même titre que le Père et le Fils. C'est la doctrine que répéteront, en Orient, les conciles d'Ephèse en 43 1, de Ghalcédoine en 45 1, de Constantinople en 553 et en 68o. Reste un point à trancher, celui des relations du Fils et du Saint- Esprit, qui fera plus tard l'objet de nouveaux débats et de nouvelles décisions dogmatiques, comme nous aurons soin de le remarquer dans la suite.

Les stades parcourus jusqu'ici sont les suivants : en face du polythéisme, proclamation de l'unité de Dieu ; en face des modalistes et des ^subordinations, proclamation de la génération éternelle du Verbe, de sa divinité et de sa consubstantialité avec le Père; en face des pneumatomaques, proclamation de la divinité et de la consubstantialité du Saint-Esprit. Reste, après tant de luttes et tant d'écrits, à dégager les principes implicitement sous-entendus ou explicitement formulés, à grouper les vérités acquit ses en un tout ordonné et harmonieux, en un mot à faire œuvre de science théologique : ce fut la gloire de saint Augustin d'y travailler et d'y réussir dans une large mesure, car il orienta l'Eglise latine dans un concept et une exposition du mystère de la trinité que les scolastiques ont fait triompher.

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