I. Exposé du mystère
Ur ne seule essence divine ; clans cette essence unique, trois personnes distinctes, s'identifiant dans l'unité d'une même et indivisible substance, portant le nom commun de Dieu, lequel désigne la communauté de nature, et les noms propres et personnels de Père, de Fils et de Saint- Esprit, lesquels répondent aux relations subsistantes, qui, seules, fondent les distinctions hypo statiques : tel est le dogme de-la Trinité.
i. Cet énoncé suppose un grand nombre de notions, dont le sens doit être précisé avec rigueur, pour parler correctement en un sujet aussi délicat et ne pas donner prise à d'inextricables difficultés : un langage sans précision, une terminologie impropre frisent facilement l'hérésie.
On donne le nom d'essence au principe constitutif d'un être, qui fait que cet être est ce qu'il est ; le nom de nature au principe d'opération intrinsèque et permanent de tel être actuellement existant ; le nom de substance à ce qui sert de support aux acci-
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dents et aux modifications d'un être, à ce qui désigne les propriétés constitutives et immuables d'un individu, par opposition aux modes transitoires dont ces propriétés sont le sujet ou le principe.
Dieu, étant l'être nécessaire, Y essence et la nature désignent un principe d'opération toujours en acte ; mais échappant par sa nature même à toute modification accidentelle et transitoire, la substance désigne en lui l'essence par opposition aux modes d'être permanents, qui constituent les trois personnes.
2. L'unité la plus haute et la plus générale est celle de l'être ; mais elle enveloppe d'autres unités secondaires, car les êtres s'échelonnent suivant un ordre de continuité ontologique, où ils se distinguent d'après leurs perfections. Les uns existent ou sont capables d'exister sans avoir besoin pour recevoir l'être ou pour s'y maintenir du concours d'aucune autre cause seconde, par exemple les substances ; les autres requièrent naturellement comme une condition de leur réalisation l'appui d'une cause seconde extérieure à eux-mêmes, par exemple les accidents. Or, la substance n'existe pas à l'état indéterminé que comporte son concept générique ; elle est en vérité telle ou telle. Une ligne de démarcation partage le genre suprême de la substance en genres subalternes, lesquels par des déterminations spécifiques se ramifient jusqu'à la dernière espèce, l'espèce infime. Or, Y espèce elle-même, considérée objectivement dans la réalité métaphysique, est essentiellement un universel, qui requiert pour recevoir son actuation totale d'être déterminé dans son être substantiel par des caractères individuants» Et ainsi Yindividu est dans l'ordre de la substance l^ dernière unité à laquelle on arrive.