L1 individu , par rapport aux autres, est dans
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une certaine mesure absolu ; non seulement il existe, mais il subsiste, parce que à lui se relient comme à leur point d'attache, se ramènent comme à leur raison commune, en lui se concentrent comme dans un tout qui fait leur unité sans être lui-même une fraction d'une unité plus haute, les degrés d'être substantiels et accidentels, par lesquels l'individu est déterminé soit spécifiquement, soit singulièrement.
Cette substance individuelle, complète, autonome, s'appelle un suppôt, s'il s'agit d'êtres dénués de raison, une hypostase, une personne, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus parfait dans toute la nature, s'il s'agit d'êtres intelligents et libres.
Une personne, c'est donc une substance individuelle, complète, autonome, intelligente et libre ; parce qu'elle est une substance, elle sert de point d'appui aux réalités accidentelles qui la déterminent ; parce qu'elle est une nature, c'est-à-dire une énergie, une puissance active, elle peut se modifier elle-même et modifier tous les êtres susceptibles de recevoir son action.
4. Nous trouvons dans notre expérience intime la matière des idées de substance et de cause, de mode et de phénomène, et notre esprit est amené sans effort par le travail analytique le plus élémentaire à en dégager a priori ces deux principes universels : Tout mode requiert une substance ; tout phénomène requiert une cause. Il est facile dès lors de découvrir hors de soi, avec certitude, des réalités invisibles aux sens, mais accessibles à l'entendement, dont elles sont l'objet propre, et qui ont pour fonction de soutenir dans l'existence des qualités sensibles et de poser dans l'existence des faits nouveaux, perceptibles à l'expérience externe. Ces réalités sont les substances et les causes, ainsi appelées par
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analogie avec la réalité de même ordre révélée par notre conscience. Et comme le moi est le dernier sujet d'attribution de tout ce qu'il contient, supporte ou produit, ainsi, dans le monde extérieur, il est des individus qui, sans pouvoir être ramenés à une individualité supérieure, se possèdent eux-mêmes et sont le sujet de tout ce qui est en eux, le principe de tout ce qui est par eux. Cette fonction nouvelle qui complète la substance en lui conférant, dans son espèce, tout le degré d'être et d'autonomie dont elle est capable, s'appelle subsistance, qui désigne la forme constitutive de l'hypostase et de la personne. Enfin notre intelligence arrive à connaître la substance infinie, sujet de la perfection absolue, et cause infinie, raison suffisante du monde et du moi, substance et cause qui est la personne par excellence.
Notre raison, il est vrai, ne peut parvenir à comprendre la raison adéquate de substance ; elle affirme du moins l'identité physique et l'union indissoluble des deux formes de substance et d'hypostase. Or, dans la matière de sa connaissance naturelle, elle ne peut puiser l'idée de plusieurs personnes subsistant en une seule nature, ni l'idée d'une même hypostase subsistant en deux ou plusieurs natures. Mais ici intervient la révélation pour fournir une notion complète de la personnalité dans ses rapports avec la nature. Et c'est à sa lumière que nous apprenons que Dieu est une essence numériquement une et indivisible, subsistant en trois personnes réellement distinctes, et que l'une de ces trois personnes subsiste, sans perdre son unité hypostatique dans deux natures numériquement distinctes.
5. Il s'agit donc d'expliquer, dans la mesure où la raison peut s'y engager, et d'étudier la vie intérieure de la Trinité soit absolument, soit
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comparativement aux caractères essentiels de la personnalité créée.
Dieu, l'être infini, est aussi l'acte pur sans mélange de potentialité. IL est déterminé par son essence à la plénitude de l'être et à la plénitude de l'opération. Mais cette opération, au lieu de survenir à sa vertu active comme une perfection nouvelle, n'est que l'acte subsistant d'une essence qui s'identifie avec sa propre existence : être et agir ne sont en Dieu qu'une seule et même chose, qu'un seul et même Dieu.
Mais il y a une différence entre l'opération divine ad intra, qui se termine tout entière dans l'essence subsistante d'où elle procède, et l'opération divine ad extra qui, sans sortir formellement de cette essence, s'extériorise pourtant virtuellement en tant qu'elle se termine à la production d'un être distinct de Dieu. Dans ses opérations ad extra, Dieu n'épuise pas son essence et ne saurait recevoir le moindre accroissement des natures qu'il crée, quelle que puisse être d'ailleurs leur perfection. L'activité divine doit cependant s'exercer dans toute sa plénitude, et elle s'exerce dans ses opérations ad intra : cet acte infini demeure tout entier dans le principe essentiel d'où il émane et avec lequel il se confond.
Or, toute action aboutit à un terme distinct d'elle-même et qui se rapporte, soit à l'agent comme à son principe, soit à l'opération comme au lien de l'un et de l'autre. L'action divine ad intra produit donc un terme, et la perfection de ce terme répond à la perfection de l'opération et à la perfection de la nature ; la nature enveloppe l'opération et son terme et se développe pleinement par eux ; ce terme ad intra sera donc infini.
6. .Mais, tandis que dans les créatures le principe et la fin sont distincts, en Dieu ils se confondent
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et l'identification est complète. Sans doute, Dieu a un comment et un pourquoi ; ce comment est son principe, ce pourquoi est sa fin, principe et fin immanents. Le comment de son être est dans l'excellence métaphysique de l'essence infinie, et le pourquoi dans cette excellence souveraine, qui n'étant susceptible d'aucune augmentation, est à elle-même sa fin, son complément. Aussi les actes immanents de Dieu ad intra s'accomplissent-ils d'une manière nécessaire, non point que cette nécessité s'impose à l'activité infinie comme une violence subie, car la nécessité est très compatible avec la volonté ; si elle s'oppose à la liberté, elle s'allie avec la spontanéité réfléchie et consciente ; si elle exclut le choisir, elle n'exclut pas le vouloir et le consentir. Dieu a dans son essence la loi de tout son être et de son agir, non que cette loi le constitue dans un état de dépendance par rapport à autrui, puisque, étant à lui-même sa raison d'être totale, il ne relève que de lui-même ; non que cette loi soit en lui la régularisatrice d'un mouvement véritable qui le porterait d'un point de son être à un autre point de son être ; mais comme la loi contient le rapport essentiel de ce qu'un être est à ce qu'il doit être, il faut aussi que Dieu, qui est nécessairement, ait un rapport à l'être qu'il possède et qui lui est dû essentiellement. La loi de son être se confond donc avec cet être lui-même ; elle n'a pas d'autre formule que la nécessité de l'être divin et son absolue autonomie.
La puissance incréée, pure de toute potentialité, se confond donc avec son acte propre, et puisqu'elle est l'acte subsistant, s'identifie pareillement avec la substance : nature, puissance, opération ne sont donc en Dieu qu'une seule et même chose. Cependant nous concevons la nature ou, plus proprement