‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 170 sur 179 · EXPOSÉ DU MYSTÈRE DE LA TRINITE · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DU MYSTÈRE DE LA TRINITE

l'essence comme la forme de la divinité à l'état purement statique ; au contraire, en tant que cette essence est le principe virtuellement dynamique de sa perfection et atteint de toute éternité, sans mouvement véritable, la plénitude de son développement, on lui donne le nom plus spécial de vertu opérative ou d'opération. Et l'on conçoit en Dieu son opération comme un mouvement virtuel dans la nature divine, formellement identique à cette nature, et par lequel celle-ci se porte en quelque sorte vers elle-même, considérée comme terme et fin immanents de l'essence subsistanie. Et ainsi l'action ad intra est nécessaire au même titre que l'être de Dieu.

7. Gela nous mène à une conclusion qui nous rapproche de l'explication formelle de la trinité des hypostases dans l'unité de sa nature.

En effet : puisque la raison immanente de fin détermine nécessairement en Dieu une opération immanente, elle déterminera aussi le caractère de cette opération. Or, toute fin, en tant que fin, exige, pour provoquer le mouvement d'un être, d'être connue par cet être. À son tour, cette connaissance engendre un mouvement de la volonté qui, communiquant son impulsion à l'être tout entier, le fera tendre à la possession de la fin. Or, en Dieu, pas de bien à acquérir, puisqu'il est sa propre fin. L'action immanente de Dieu ne saurait donc consister que dans un acte de connaissance et un acte de volonté, par lesquels il atteindra adéquatement la vérité de son essence et aimera par un acte non moins compréhensif la bonté de cette même essence. Dieu, étant l'être infini, possède dans son essence toutes les raisons de vérité et de bonté : il est l'universel intelligible et l'universelle boulé, ou plutôt il est la vérité et la bonté subsistantes. Il lui suffit d'un seul acte de connaissance pour atteindre le vrai dans

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toute sa plénitude ; il lui suffît d'un seul acte de volonté pour , embrasser le bien dans toute sa plénitude.

Or, tout acte a un terme ; les opérations divines ad inlra ont donc aussi un point d'arrivée. L'acte par lequel Dieu se connaît a donc un terme qui est sa propre représentation, sa Parole intérieure, son Verbe ; et le terme d'une activité infinie devant être lui aussi infini, il en résulte que, puisque l'essence divine répugne à toute multiplication, ce terme infini se confond réellement avec cette essence. De même pour l'acte par lequel Dieu se veut et s'aime.

8. Mais chacun de ces deux termes des opérations divines ad intra se distingue de son principe par une opposition qui les rend irréductibles. Le principe et le terme de l'acte de connaissance sont dès lors, comme tels, formellement incommunicables ; de même le principe et le terme de l'acte de volonté. Il faut donc distinguer, dans l'unité d'une même essence, un principe infini avec deux termes infinis. Et la distinction n'est pas seulement entre ce principe unique et les deux termes, mais encore entre les deux termes eux-mêmes. Car si Dieu se connaît et s'aime par un seul acte qui est son essence, autre est le point sous lequel il se connaît, autre celui sous lequel il s'aime ; car il se connaît en tant que vérité infiniment intelligible, et il s'aime en tant que bonté infiniment aimable. La simplicité de l'être divin n'empêche donc pas que la diversité des objets formels, sous lesquels Dieu atteint son essence, n'engendre une dualité de même ordre dans l'opération divine et dans le terme de cette opération.

Or, les actes immanents ne se distinguent pas de leur principe ni entre eux, au même titre que les termes de ces actes. Les actions ad inlva, considérées

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