‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 174 sur 179 · LES PERSONNES DIVINES 6 IQ · texte numérisé non relu

LES PERSONNES DIVINES 6 IQ

ne nuisent-elles pas à l'unité de Dieu? Non, répond saint Thomas. Car, en Dieu, les relations sont L'essence divine elle-même. Il n'y a donc entre les personnes et la nature divine qu'une distinction de raison, virtuelle, purement logique. Considérée absolument, en soi, ou dans ses rapports avec les personnes, l'essence divine est une ; elle se communique totalement et identiquement aux trois personnes, qui, elles, se distinguent réellement entre elles à cause de leurs relations d'origine. Il n'y a donc qu'une seule essence divine en trois personnes ; ces trois personnes sont Dieu, elles ne forment pas trois Dieux.

8. Considérées dans leurs rapports avec les relations ou les propriétés, les personnes et les relations sont identiques ; car, d'une part, les relations, entités réelles dans l'Etre nécessaire, sont l'essence divine, et d'autre part, l'essence divine est la même chose que la personne. Mais les personnes se distinguent entre elles par les relations.

9. Comparées entre elles, les trois personnes sont parfaitement égales en toutes choses, aussi anciennes, aussi puissantes, aussi parfaites l'une que l'autre; la moindre inégalité romprait l'unité de l'essence divine. On peut donc prendre tous les attributs communs et les appliquer à chaque personne, ainsi que l'a fait le symbole de saint Athanase. Toutefois cette absence de succession ou f d'inégalité n'empêche pas qu'il y ait clans la Trinité ! un ordre d origine entre les personnes, non que Tune précède l'autre, puisqu'elles sont éternellement ce qu'elles sont, mais simplement parce que l'une procède de l'autre. La procession est éternelle : le Père est Père, le Fils est Fils, le Saint-Esprit est Saint-Esprit, de toute éternité. Donc égalité parfaite, mais avec subordination d origine.

La procession qui est nécessaire et éternelle est aussi immanente : d'où l'idée de la 7rspi-//opv|(Tiç, comme disaient les grecs, ou de la circuminsessio, comme disent les scolastiques. Ce terme latin, remarque Petau, est loin de rendre toute la valeur du mot grec, introduit dans la théologie par saint Jean Damascène. La cir cumins es sion signifie i'inhabitalion des personnes divines l'une dans l'autre ; car, par l'unité d'essence, les trois personnes divines se compénètrent mutuellement. Notre Seigneur disait: « Ne croyez-vous pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? » Et saint Jérôme a pu dire que « le Fils est le lieu du Père, comme le Père est le lieu du Fils. » La périchorêsis signifie en plus une circulation vivante, incessante, l'épanchement sans fin du Père dans le Fils et le retour du Fils vers sa source, double mouvement qui part de l'unité et revient à l'unité.

10. L'exposition de ce mystère est si délicate et si difficile que saint Thomas a tracé quelques règles précises pour permettre d'en parler correctement. Parmi les noms essentiels, dit-il, les uns désignent l'essence divine substantivement, les autres adjectivement. Les premiers se disent au singulier, les autres se disent au pluriel des trois personnes. Dans la Trinité, l'essence est souverainement une, infiniment simple ; aussi les noms qui l'expriment doivent-ils se dire des trois personnes au singulier ; Platon, Socrate et Gicéron s'appellent trois hommes, parce qu'il y a dans trois suppôts de la nature humaine trois humanités ; au lieu que nous appelons le Père, le Fils et le Saint-Esprit, non pas trois dieux, mais un seul Dieu, parce qu'il n'y a qu'une divinité dans les trois hypostases de la nature divine. Quant aux noms qui expriment l'essence adjectivement, nous les affirmons des

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