LA SAINTE TRINITÉ
« Quand l'Absolu lève un coin du voile sous lequel il se dérobait à nos yeux, le mystère non seulement ne doit pas effrayer la raison, mais il s'impose à elle comme le signe nécessaire de la vérité. La vie divine ne saurait être à ce point accessible que toute obscurité en soit bannie pour nous, et si elle se laissait pénétrer de part en part au regard de l'homme, j'oserais dire qu'elle ne valait pas la peine d'être regardée, car nous jetons un coup d'oeil fugitif sur les idées trop claires et les choses trop faciles à comprendre, mais nous contemplons longuement ce qui retient une part de mystère. A mesure que nous descendons plus profondément dans les problèmes de la métaphysique, le mystère croît avec la profondeur ; pourquoi voudrait-on que la vie intime de Dieu se présentât à nos regards comme une surface plane, et non comme un abîme que l'œil ne peut sonder ? Ces exigences dénotent en ceux qui les prennent au sérieux une ignorance totale des conditions du problème divin et une recherche exagérée des clartés superficielles ; les vrais métaphysiciens ne redoutent pas tant certaines obscurités nécessaires.» J. Souben, Nouvelle théologie dogmatique, h, Les personnes divines, 2* édit., Paris, 1903, p. 95-97.