‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 19 sur 179 · Pair, lat., t. xxi, col · texte numérisé non relu

Pair, lat., t. xxi, col

dont parle Gennade (i), et des quatre discours De symbolo ad catechumenos du pseudo -Augustin, comme l'indiquent clairement les titres.

L'Eglise, cependant, dut pourvoir à l'instruction religieuse de ces jeunes néophytes, puisque, dès l'origine, elle n'hésita pas à baptiser les enfants. Et l'on sait qu'à partir de la fin du 11e siècle elle pratiqua largement cet usage (2). Elle assura cette instruction de deux manières. D'abord, en imposant à ceux qui présentaient ces enfants et en répondaient, l'obligation de les instruire sur les principes de la foi et les pratiques de la vie chrétienne (3). On pouvait alors compter sur le zèle des chrétiens, dont la vie était une leçon vivante et un modèle de vertus. Ensuite, en admettant ces enfants baptisés à la prédication ordinaire, dès qu'ils étaient à même de l'entendre. Malgré cela, il n'est point de trace de l'existence ou de l'organisation d'un enseignement catéchétique spécial, postérieur au baptême et comparable à celui du catéchuménat, sans doute parce que les cas de ces baptêmes d'enfants ne furent de prime abord que des exceptions.

Du reste des inconvénients devaient résulter d'un tel état de choses. Et nul n'ignore avec quel déplaisir Tertullien voyait l'Eglise pratiquer ce baptême des enfants, à cause des obligations étroites qu'impose le sacrement de baptême, et dont l'enfant est incapable de connaître la nature ou de comprendre la gravité ; à raison surtout de certains faits d'expérience qui montraient que des enfants baptisés, une fois devenus adultes, rendaient trop souvent illusoires les promesses baptismales (l\). Or une telle répugnance n'aurait pas eu sa raison d'être si l'Eglise, pour obvier à des inconvénients toujours possibles, avait déjà pris vis-à-vis de ces enfants baptisés certaines mesures particulièrement appropriées ou organisé un système d'enseignement religieux qui fût pour eux ce que le

1. De vir. M., 22 ; Patr. lat.t t. lviii, col. 1073. — 2. Harnack, Doymenyeschichte, 20 édit., 1888, t. 1, p. 3g5 ; Ghoisy, Précis de l'histoire des dogmes, Paris, 1893, p. i5, 67. — 3. Const. apost., IV, xi ; Patr. gr.t t. 1, col. 824. — 4. De baptismo, 18; Patr. lat.t 1. 1. col. 1221.

INTRODUCTION 3l

catéchuménat était pour les catéchumènes. C'est dono qu'un tel système n'existait pas.

Néanmoins les inconvénients d'un tel état de choses se trouvaient compensés par des avantages certains, puisque le pédobaptisme tendit de plus en plus à devenir la pratique ordinaire dans les milieux chrétiens. Quant aux remarques, dans le genre de celles de ïertullien, elles ne purent que contribuer soit à rendre plus étroites les obligations des parents et des parrains, soit à provoquer de la part de l'Eglise les mesures indispensables pour suppléer à l'insuffisance de l'instruction reçue au foyer domestique ou à la prédication ordinaire.

IL Du Ve au VIP siècle

1° Dans les pays de mission. — La période qui va du commencement du v6 siècle à la fin du vme ne se montra guère, tout d'abord, favorable à l'institution d'un enseignement catéchétique spécial en faveur de l'enfance chrétienne, à cause des difficultés sans nombre qu'eut à traverser l'Eglise. En Occident, en effet, l'arianisme continuait ses ravages pendant que les barbares de l'est et du nord restaient encore soustraits à l'action de l'évangile. Mais la conversion de Clovis et de ses Francs saliens, en 490, ouvrit une ère nouvelle, magnifiquement saluée par saint Avit (1). Ce n'est qu'au vie siècle que l'Eglise se débarrasse enfin de l'hérésie et dispute victorieusement les barbares au paganisme. D'une part, en eilet, l'arianisine pâlit et s'éteint, d'abord chez les Burgondes en Gaule, ensuite chez les Suèves et les Wisigoths en Espagne, et enfin chez les Ostrogoths et les Lombards en Italie. D'autre part, le prosélytisme s'accentue et marche de conquête en conquête. L'Irlande devient une pépinière démissionnaires et d'apôtres. Colomban l'ancien (f 597) évangélise le nord de la Grande Bretagne et convertit les Scots et les Pietés de l'Ecosse ; Colomban le jeune

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