SYMBOLE DE NIGEE-CONSTANTINOPLE III
n'était pas ; il a été tiré du néant. C'était assimiler Jésus-Christ à une créature, nier sa divinité, introduire dans le mystère de la Sainte-Trinité une notion fausse, qui entraînait les conséquences les plus fâcheuses, touchant l'incarnation et la rédemption.
Une telle doctrine fut jugée avec raison contraire à l'enseignement traditionnel et dénoncée par l'évêque d'Alexandrie. Le concile de Nicée la condamna. Les Pères de ce concile, en effet, résolurent de proscrire certaines expressions erronées ou impies et de leur opposer une formule de foi nette et irrépréhensible (i). Eusèbe de Césarée proposa le symbole de son église comme de nature à rallier tous les suffrages ; mais la majorité de l'Assemblée eut soin, tout en l'acceptant, d'y introduire des modifications, des précisions et additions significatives.
Que fallait-il entendre par Fils unique de Dieu ? Une simple adoption ? — Nullement, mais une vraie génération, qui fait du Fils de Dieu un être semblable au Père, de même nature et de même substance que lui. De là la rédaction suivante de l'article relatif au Fils : « Et en un seul Seigneur Jésus- Christ, Fils de Dieu, né unique du Père, c'est-à-dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendre, non créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait au ciel et sur la terre. »
Après cette rédaction, qui était la condamnation formelle de l'hérésie d'Arius, et pour éviter tout subterfuge, toute subtilité d'interprétation, toute équivoque, les Pères rappellent les principales expressions ariennes et les déclarent anathématisées par l'Eglise catholique et apostolique : « Ceux qui disent : a II fut un temps où il n'était pas, » et
i. S. Athanase, Epist. adAfr., 5 ; Pat. gr., t. xxvi, col. io38.
« avant de naître il n'était pas, » « il a été fait de ce qui n'était pas ; » ceux qui prétendent qu'il est d'une substance ou d'une essence différente, ou qu'il est créé,1 ou qu'il est susceptible de changement, l'Eglise catholique et apostolique les anathématise (i) ».
Ainsi donc le concile de Nicée, en proclamant le Fils con substantiel au Père, le déclarait vrai Dieu, possédant la même nature que le Père, en vertu d'une génération réelle et non métaphorique. Mais le terme grec b[j.ooûc:ioç, consubstantiel, employé par le concile pour exprimer la consubstantialité du Père et du Fils, donna lieu pendant tout le ive siècle à des discussions sans fin de la part des Ariens et des semi-ariens.
Entre temps, la divinité du Saint-Esprit avait été niée ; elle dut être proclamée un dogme de foi par un nouveau concile, qui se rassembla à Constantinople en 38i. Ce second concile général commença par ratifier et confirmer ce qui avait été fait à Nicée (2). « La profession de foi des trois cent dix huit Pères, réunis à Nicée en Bithynie, est-il dit dans le canon ier, ne doit pas être abrogée ; elle doit conserver toute sa force ; et toute hérésie doit être anathématisée. »
Mais ce concile rédigea-t-il une formule nouvelle de foi, un symbole nouveau, et précisément celui qui porte son nom ? La question est débattue entre les érudits. Pour les uns, le concile de Constantinople n'aurait simplement que confirmé le symbole que saint Epiphane a inséré dans son Ancorat (3), et dont il se servait dans l'administration du sacrement
1. Denzinger, Enchiridion, n. 17, 18. — 2. S ocrât e, Hist. ecel.% V. vin ; Pair, gr., t. lxvii, col. 578 sq. — 3. Ancorat, 119; Pair. gr. t. xliii, col. 232.