‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 4 sur 179 · SUR L ENSEIGNEMENT DE LA DOCTRINE CHRETIENNE V · texte numérisé non relu

SUR L ENSEIGNEMENT DE LA DOCTRINE CHRETIENNE V

véritable lumière, qui est la connaissance des choses divines, il arrivera ceci, qu'un aveugle conduira un aveugle et tout deux tomberont dans le précipice. Le saint roi David, louant Dieu d'avoir donné à l'esprit des hommes la lumière de la vérité, disait : « La lumière de votre visage s1 est empreinte sur nous, Seigneur » (Ps. iv, 7). Et ce qui suit de ce don de la lumière, il le dit, en ajoutant : « Vous ave^ fait germer la joie dans mon cœur». C'est la joie qui, dilatantnotre cœur, nous fait courir dans la voie des divins commandements.

« Qu'il en doive être ainsi, il est facile de s'en convaincre à la réflexion. La sagesse chrétienne, en effet, nous fait connaître Dieu en ce que nous appelons ses perfections infinies bien plus profondément que ne le permettent les forces de la nature. Comment donc? C'est qu'elle ordonne d'honorer Dieu en prescrivant la foi, qui relève de l'esprit, l'espérance, qui relève de la volonté, et la charité, qui est la vertu du cœur; et ainsi, elle soumet l'homme tout entier à ce suprême auteur et modérateur.

IV. Instruction religieuse : sa nécessité, son utilité. — « De même il n'y a que la science de Jésus-Christ qui nous fait connaître la véritable et éminente dignité de l'homme, fils du Père céleste et appelé à vivre éternellement et heureusement avec Lui. Mais, de cette dignité et de sa connaissance, le Christ conclut que les hommes se doivent aimer réciproquement comme des frères et vivre ici-bas comme il convient à des saints, non

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pas dans les festins et V ivresse, ni dans la volupté et les impuretés, ni dans les disputes et les rivalitès (Rom., 'xiii, i3); il ordonne également de mettre en Dieu toute notre sollicitude, parce qu'il s'occupe de nous; il commande de faire l'aumône aux pauvres, de faire du bien à ceux qui nous haïssent, de préférer les biens éternels de l'âme aux biens éphémères de cette vie. Pour ne pas tout passer en revue, n'est-ce pas une prescription du Christ, que l'humilité, source de la vraie gloire, est conseillée et commandée à l'orgueilleux ? Celui qui sera humilie.... est le plus grand dans le royaume des deux (Matth., xvm, 4).

« C'est aussi la doctrine du Christ qui nous apprend la prudence de l'esprit, par laquelle nous respectons le droit de chacun; la force, qui nous prépare à tout souffrir courageusement pour Dieu et la béatitude éternelle; la tempérance enfin, par laquelle nous aimons la pauvreté même pour le règne de Dieu, et nous glorifions dans la croix elle-même, méprisant l'ignominie. Il reste donc que par la sagesse chrétienne, non seulement notre intelligence reçoit la lumière, qui nous permet d'atteindre la vérité, mais que la volonté ellemême est enflammée d'un amour qui nous porte vers Dieu et nous unit à Lui par l'exercice de la vertu.

« Certes, nous n'affirmons pas que la malîce de l'âme et la corruption des mœurs ne puissent coexister avec la science de la religion. Plût à Dieu que les faits ne le prouvassent point sura* feondamment !

« Mais Nous prétendons que là où l'esprit est

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enveloppé des ténèbres d'une épaisse ignorance, une volonté droite et de bonnes mœurs ne peuvent nullement se rencontrer; car, si quelqu'un marche les yeux ouverts, il pourra sans doute s'écarter du droit chemin; mais celui qui est atteint de cécité est menacé d'un danger certain. Ajoutez que la corruption des moeurs, si la lumière de la foi n'est pas totalement éteinte, laisse l'espoir d'un retour; si la corruption des mœurs et l'absence de foi par ignorance se rencontrent, c'est à. peine s'il y aura place au remède, et la route delà perdition est ouverte.

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