Et bien qu'à la fois
SYMBOLE DE SAINT-ATHANASE
homo, non duo tamen sed unus est Christus.
33. Unus autem non conversione divinitatis in carnem, sed assumptione humanitatis in Deum.
34. Unus omnino non confusione substantiae, sed unitate personae.
35. Nam sicut anima rationalis et caro unus est homo, ita Deus et homo unus est Christus.
36. Qui passus est pro salute nostra, descendit ad inferos, tertiadie resurrexit a mortuis.
37. Ascendit ad cœlos, sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis ; inde venturus est judicare vivos et mortuos.
38. Ad cujus adventum omnes homines resurgere habent cum corporibus suis, et reddituri sunt de factis propriis rationem.
39. Et qui bona egerunt ibunt in vitam aoternam ; qui vero mala, in ignem œternum.
/•o. Haec est fîdes catholica, quam nisi quisque fideliter firmiterque credi-
Dieu et homme, il n'est pas deux, mais un seul Christ.
33. Un, il est vrai, non par la conversion de la divinité dans la chair, mais par l'assomption de l'humanité en Dieu.
34. Un enfm, non par la confusion de la substance, mais par l'unité de la personne.
35. Car, comme l'âme raisonnable et la chair sont un seul homme, de même Dieu et l'homme sont un seul Christ.
36. Qui a souffert pour notre salut, est descendu aux enfers, et est ressuscité le troisième jour.
37. Est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts.
38. A l'avènement duquel tous les hommes doivent ressusciter avec leurs corps et rendront compte de.
leurs propres actions.
39. Et ceux qui auront fait le bien iront dans la vie éternelle ; ceux qui auront fait le mal, dans le feu éternel.
40. Telle est la foi catholique ; et quiconque ne la croira pas fidèlement et
derit, salvus esse non poterit (i).
fermement ne pourra être sauvé.
Ce symbole comprend deux parties distinctes : l'une, 1-26, traite de la Trinité ; l'autre, 27-40, de la Christologie. Elles sont si nettement tranchées que la critique contemporaine a voulu y voir deux morceaux, indépendants l'un de l'autre, rapprochés et soudés ensemble par un auteur inconnu, soit au ixe siècle, d'après Lumby (2), soit même dès le vie, d'après Harnack (3). Leurs arguments n'ont pas convaincu M. Tixeront (4). Du reste la question, intéressante en elle-même au point de vue historique, est sans importance au point de vue dogmatique, puisque l'Eglise a inséré intégralement le Quicumque, tel que nous venons de le reproduire, dans son Office.
« Le Quicumque, écrit Dom Morin, est une sorte de catéchisme élémentaire, destiné à mettre à la portée des esprits, même les moins cultivés, les formules dogmatiques élaborées à la suite des grandes hérésies des ive et ve siècles touchant la Trinité et l'Incarnation : le tout avec un certain accent pratique qui ne s'accuse pas au même degré dans la plupart des anciennes professions de foi (5). » Incontestablement c'est là un document précieux et un admirable résumé de l'enseignement catholique sur deux grands mystères. La formule en est simple, facile à retenir, complète. C'est tout au plus si la comparaison du verset 35 laisse à désirer ; car s'il est vrai que l'union de l'âme et du corps fait un homme, il n'y a qu'une seule nature dans l'homme ;
1. Brev. rom., Prime; Denzinger, Enohiridion, n. i35-i38. — a. History of the creeds, 3e édit., 1S&7, p. a5g sq. — 3. Dogmengeschichte, t. m, p. 270. — 4. Diction, de Théologie, t. 1, goI. S180-2181. — 5. Revue bénédictine, 1901, t. xvm, p. 33q.
SYMBOLE DE SAINT-ATHANASE I27
tandis qu'en Jésus-Christ l'union de Dieu et de l'homme laisse subsister les deux natures.
Dom Morin a raison de relever l'accent pratique de ce symbole ; car le Quicumque met le chrétien en face du salut, avec la double perspective de la vie éternelle, s'il est fidèle à la foi et aux bonnes œuvres, et du feu éternel, s'il ne croit pas et commet le mal. Aussi ne faut-il pas s'étonner que, pendant longtemps, ce symbole de foi ait fait partie de l'enseignement catéchétique dans l'Eglise, comme nous l'avons indiqué dans l'histoire du catéchisme : il se prêtait trop bien à faciliter la tâche du catéchiste et l'effort de mémoire du catéchisé. Gomme le symbole des apôtres et le symbole de Gonstantinople, il devrait être appris par cœur et fréquemment récité par les enfants et les fidèles.
2° Origine du Quicumque
1. Ce symbole, chose curieuse, se trouve sans titre dans les manuscrits du vin0 siècle, tandis que, dans ceux du ix°, il est désigné de différentes manières, tantôt sous le nom de Foi catholique, tantôt sous celui de Foi de saint Athanase, de Foi catholique de saint Athanase, etc. (i). C'est le nom de Tévêque d'Alexandrie qui reparaît le plus souvent, et c'est à saint Athanase que ce symbole a été longtemps attribué. On comprend, en effet, que les écrivains ecclésiastiques, pour lesquels la paternité littéraire d'une œuvre était d'importance secondaire au moyen âge, aient songé, en présence d'un document si original sur la Trinité et l'Incarnation, à l'attribuer au grand adversaire de l'arianisme auive siècle. Mais aujourd'hui la critique est plus exigeante