Denzinger, n. i£i
PROFESSION DE FOI D IIORMISDAS IjQ
Mais ce canon, bien qu'il n'accordât au siège de Constantinople qu'une distinction d'honneur sans juridiction, était gros de conséquences; aussi ne fut-il reconnu ni par le pape saint Damase ni par ses successeurs immédiats. Il n'en demeura pas moins chez les Grecs l'expression de cette idée que l'évêque de la résidence impériale devait être, sinon l'égal de l'évêque de Rome, du moins le supérieur des grands sièges d'Alexandrie et d'Antioche dont les droits de primatie avaient déjà été officiellement proclamés au concile de Nicée. Or, cette simple distinction d'honneur n'était point pour satisfaire l'ambition de la plupart des successeurs de saint Grégoire de Nazianze et de saint Jean Chrysostome sur le siège de Constantinople. De leur part quelques empiétements de juridiction eurent lieu tant sur le territoire des patriarcats voisins que sur les dépendances du siège de Rome, notamment en Illyrie ; et Théodose le jeune eut le tort de les consacrer par des lois, qu'il dut abroger dans la suite sur les réclamations du pape (i).
Mais la question était posée, l'honneur n'allant pas sans une juridiction correspondante, et l'on sait dans quel sens elle fut résolue au concile de Chalcédoine, en 45 1. A la session xv°, en effet, en l'absence des légats du Souverain Pontife et d'un grand nombre de Pères, cent quatre vingt quatre évêques rédigèrent un nouveau canon, le vingthuitième, pour confirmer celui du concile de Cons- ; tantinople et reconnaître à l'évêque de Constanti- \ nople le premier rang après l'évêque de Rome et | une juridiction patriarcale effective. Les légats protestent ; le pape saint Léon le Grand (44o-46i) condamne expressément ce canon ; l'empereur et l'évê-
i. Cod. theod., XVI, tit. n, 1. 45.
i/io LE CATÉCHISME ROMAIN
que de Constantinople cèdent aussitôt. Mais, peu après, Acace, étant monté sur le siège de la cité impériale, invoque le canon condamné par le pape, le fait confirmer par un édit de l'empereur et, fort d'un tel droit usurpé, en use au détriment des autres patriarches d'Orient ; malgré le pape, il provoque l'édit d'union avec les Monophysites et finalement se révolte contre l'autorité du Saint-Siège. Ce ne fut là, il est vrai, qu'un schisme éphémère, puisque les successeurs immédiats de l'évêque révolté sollicitèrent leur reconnaissance de Rome ; mais Rome n'intervint que sur des instances réitérées, en 519, sous l'empereur Justin. C'est alors que le pape Hormisdas proposa aux orientaux une profession de foi, qui proclamait la nécessité de la communion avec le siège de Pierre ; cette profession fut acceptée en Orient, signée par les évêques et reçue par les conciles ; elle resta même la formule officielle pour la condamnation des diverses hérésies jusqu'au huitième concile œcuménique inclusivement, c'est-à-dire jusqu'au quatrième concile de Constantinople de 869, où elle fut souscrite par tous les membres de l'assemblée, qui condamna Photius.
2° Profession de foi de Léon IX
Le schisme grec, finalement consommé par Photius, au ixe siècle, trouve des patriarches complaisants et intéressés pour entretenir la discorde et élargir le fossé de séparation entre l'Eglise grecque et l'Eglise latine, entre autres Nicolas Chysoberges, en g3o, Sisinnius, en 995, Sergius, en 999, et surtout Michel Cérulaire, en io43. Les griefs contre l'Eglise latine s'accumulèrent comme à plaisir ; la question de juridiction ne masquait plus les diver-