‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 55 sur 179 · Const. DeiFilius, c. iv, can · texte numérisé non relu

Const. DeiFilius, c. iv, can

l6S LE CATÉCHISME ROMAIN

pour l'autre, arrive un moment où les forces déclinent et où s'accuse une irrémédiable décrépitude.

Tout au contraire, si le dépôt révélé peut, en partie, se comparer à un germe vivant, cette comparaison ne saurait se justifier jusqu'au bout. Car s'il est vrai que la vérité révélée se développe en vertu de la vie qui lui est propre et d'après les lois que Dieu lui a données, en restant toujours identiquement la même et immuable, dans son essence, il n'est pas moins vrai que, à la différence de ce qui se passe dans la nature organisée et vivante, son progrès est continu, qu'elle ne perd jamais rien de ce qui est une fois acquis, sans jamais pouvoir atteindre un point culminant au delà duquel elle n'aurait plus qu'à décliner et à disparaître.

Dès l'âge apostolique, le dépôt révélé appartient donc intégralement à l'Eglise et contient explicitement ou implicitement toutes les vérités qui peuvent être objet de foi catholique. Le chrétien des premiers siècles adhérait par son acte de foi à l'enseignement de l'Eglise, tel qu'il lui était notifié alors ; le chrétien d'aujourd'hui adhère de même à cet enseignement, tel qu'il lui est notifié de nos jours, et le chrétien de demain adhérera à l'enseignement de l'Eglise, tel qu'il lui sera proposé demain. La seule différence entre les fidèles des premiers siècles et ceux du vingtième, c'est que ces derniers croient d'une manière explicite un plus grand nombre de vérités révélées qui, jusque-là, n'étaient l'objet, de la part de leurs prédécesseurs, que d'une foi implicite ; mais dans les deux cas, l'objet de la foi reste toujours le môme, identique à lui-même, parfaitement un. C'est laisser entendre, par conséquent, qu'à côté de l'immutabilité de la foi religieuse ainsi comprise il y a place pour le progrès. Reste à dire en quoi consiste ce progrès, quelle est sa nature, son

caractère, dans quelles conditions il s'opère, par qui il se réalise, quelles étapes il suit et dans quelles limites il se maintient.

Ce progrès de l'enseignement doctrinal est signalé par le concile du Vatican dans les termes mêmes dont s'était servi saint Vincent de Lérins : « Qu'il y ait donc accroissement, qu'il y ait progrès large et intense dans l'intelligence, la science et la sagesse de chacun et de tous, de l'homme pris individuellement et de l'Eglise tout entière, suivant le développement des âges et des siècles ; mais que ce soit exclusivement dans son genre, c'est-à-dire dans l'unité de dogme, de sens et de sentiment (1). »

Ces quelques lignes renferment toute l'économie du progrès religieux : son objet,* ses caractères, ses étapes, ses limites.

1° Son Objet

La connaissance de la vérité révélée progresse en étendue, en clarté et en certitude. Le progrès se fait, en effet, soit par la connaissance explicite de ce qui n'était connu qu'implicitement, soit par Y éclaircissement de certains points obscurs, soit enfin par plus de probabilité ou par une entière certitude sur les points douteux.

Une vérité révélée est crue et connue implicitement lorsqu'elle est logiquement contenue ou impliquée dans d'autres vérités crues et connues explicitement. C'est ainsi, par exemple, que l'antique

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