‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 68 sur 179 · Ibid., p. 196-197. — 2. Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p. 196-197. — 2. Ibid., p

qu'à la conscience individuelle ? Une telle notion ne dépasse pas la sphère du naturalisme et du subjectivisme ; elle a droit de se réclamer du système qui de Schleiermacher aboutit à M. Sabatier en passant par Ritscbl ; elle n'est pas catholique.

4. Notion et caractères du dogme. La révélation se distingue du dogme. « La révélation a pour objet propre et direct les vérités simples contenues dans les assertions de la foi, non la doctrine et le dogme comme tels (1). » Quelles sont ces vérités simples et en quoi consistent ces assertions de la foi ? C'est ce que M. Loisy a négligé de nous dire. Quoi qu'il en soit, « doctrine et dogme sont dits révélés parce que les assertions primitives de la foi subsistent dans les explications autorisées qui sont le dogme de l'Eglise. Les vérités de la révélation sont vivantes dans les assertions de la foi avant d'être analysées dans les spéculations de la doctrine. Leur forme native est une intuition surnaturelle (une simple perception) et une expérience religieuse, non une considération abstraite ou une définition systématique de leur objet. Et c'est toujours comme assertions de foi que la doctrine et le dogme servent de base à la vie chrétienne. En tant que théorie doctrinale ou théologie dogmatique, interprétation de la foi au moyen de la philosophie, ils servent plutôt à maintenir l'harmonie de la croyance religieuse avec le développement scientifique de l'humanité (2). »

Ces deux passages sont passablement confus. Essayons d'y voir clair : la révélation a pour objet des vérités simples ; ces vérités simples (que nous ne connaissons pas et qu'on ne nous a pas fait connaître) sont contenues dans les assertions de la foi (que nous ne connaissons pas davantage, et pour le même

x. Autour d'un petit livre, p. 200. — a. Ibid., p. 200-201.

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motif) ; ces assertions de la foi subsistent dans le dogme : donc, grâce aux assertions de foi, ces vérités simples subsistent dans le dogme ; et comme elles sont vivantes dans les assertions de foi, elles doivent Fêtre par là même dans le dogme, puisque le dogme ne sert de base à la vie chrétienne que par les assertions de foi. Le dogme contenant ainsi les vérités simples, qui sont l'objet de la révélation, doit donc contenir également la révélation ; celle-ci, comme nous l'avons vu, étant naturelle, subjective, le dogme n'est donc en définitive que l'expression d'une vérité naturelle et subjective, ce qui revient à dire qu'il n'y a plus de dogme au sens catholique.

Mais par là même, et forcément, le dogme doit varier comme la révélation dont il est l'expression ; il y aura autant de dogmes différents que de perceptions individuelles différentes, lesquelles peuvent se succéder dans le même individu sans la moindre cohésion jusqu'à devenir contradictoires ; il y aura de plus autant de dogmes que d'individus percevant leur rapport avec Dieu ; et comme les individus diffèrent dans le même temps d'un endroit à l'autre, «t dans le même lieu d'une époque à une autre, on voit les conséquences inévitables de cette variation Indéfinie des dogmes.

Cette variation inévitable de par la nature même du dogme, s'accroît encore de ce que les dogmes sont « une interprétation de la foi au moyen de la philosophie, h parce que « le commentaire scientifique de la foi est plus ou moins conditionné par le développement de la science (i). » Mais sous cette variation incessante et forcée, il y a un sens qui ne change pas, et ce n'est ni celui de la formule ni ce-

i. Ibid., p. 201.

lui de l'interprétation, mais celui « du fond commun, impossible à exprimer en langage humain, par une définition adéquate à son objet et suffisante pour les siècles des siècles (i). » Ici encore, M. Loisy a oublié de nous dire ce qu'il entend par ce fond commun. En revanche, il insiste sur « l'insuffisance et la perfectibilité relatives des formules dogmatiques attestées par Fhistoire » aussi bien que sur « leur relativité ou imperfection essentielle. »

5. Notion de Y autorité. « La formule ecclésiastique n'est pas vraie absolument, puisqu'elle ne définit pas la pleine réalité de l'objet qu'elle représente (toujours la môme équivoque) ; elle n'en est pas moins le symbole d'une vérité absolue... elle est la meilleure et la plus sûre expression delà vérité dont il s'agit, jusqu'à ce que l'Eglise juge à propos de la modifier en l'expliquant. Le fidèle adhère d'intention à la vérité pleine et absolue que figure la formule imparfaite et relative... Le catholique peut donc croire à l'autorité de l'Eglise et à ce que l'Eglise enseigne (2). »

Assurément « le catholique peut croire à l'autorité de l'Eglise et à ce que l'Eglise enseigne. » C'est la seule phrase à retenir de toute la discussion de- M. Loisy. Mais le catholique ne saurait à aucun degré partager les idées particulières de M. Loisy sur la nature de la vérité, sur la notion de la révélation, pur phénomène interne, sur la notion du dogme, condamnée par définition à n'être qu'une expression passagère, imparfaite, perfectible et incessante d'une vérité qui nous échappe et que rien ne nous garantit.

Qu'après cela M. Loisy estime que l'incompatibilité entre la connaissance générale du monde et de l'homme d'une part et la doctrine catholique d'autre part doive cesser, rien de mieux. Mais qu'il se

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