IV. Le motif de la Foi ou son objet formel
Quel est le motif propre de la foi, la raison dé-
terminante de notre adhésion à la vérité révélée, ce qui la fonde et constitue sa raison dernière et suprême, ce qui fait que la foi est foi et la distingue des autres connaissances, ou, comme disent les théologiens, son objet formel ?
1. Faut-il le placer avec les rationalistes dans la perception claire ou l'évidence de la vérité ? Faut-il le mettre dans l'habitude infuse de la foi, qui jouerait ainsi par rapport aux vérités révélées le rôle de l'évidence pour les vérités naturelles? Serait-ce la perfection souveraine de l'être de Dieu, source première de sa véracité ? Serait-ce ce que l'on désigne d'ordinaire sous le nom de motifs de crédibilité, ou bien l'autorité de l'Eglise, ou enfin le fait même de la révélation ?
Rappelons tout d'abord que l'homme a deux manières de connaître : par la science et par la foi. Par la science, à l'aide des seules lumières de la raison, il voit, il se rend compte, il s'explique le pourquoi et le comment des choses, il en pénètre la vérité intrinsèque. Par la. foi, il adhère à la vérité sur le témoignage d'autrui, témoignage préalablement jugé certain et véridique. Or, ce qu'il importe de remarquer, c'est que ce témoignage provient originairement de quelqu'un qui sait de science certaine la vérité de ce qu'il affirme. Et de la sorte, croire c'est participer à la science positive de celui qui sait et qui dit ce qu'il sait. Ce qu'il sait, le témoin originaire le sait par lui-même, de science immédiate, par l'évidence intrinsèque de la vérité. Au contraire, celui qui croit ne possède pas cette connaissance intrinsèque de la vérité, mais il admet quand même la vérité sur le témoignage de celui qu'il estime savoir ce qu'il dit et dire ce qu'il sait. Légitimement garanti, il en possède du moins une connaissance ferme et certaine, bien que médiate